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« Le chant du coeur » d'Amy HARMON

Le 23 juin 2017, 14:13 dans Livres 1

Quand j’ai vu cette romance se répandre sur la blog, j’ai voulu la lire parce que c’était Amy HARMON, et que j’avais eu un coup de coeur pour un autre de ses livres : « Nos faces cachées ». J’avais trouvé énormément de sensibilité dans ce dernier, dont l’histoire commençait pourtant comme une banale histoire pour ados. 

 

 

Cette fois, l’auteure a monté sa romance comme une sorte de thriller : Tout commence par la disparition du personnage principal masculin, Tag. Puis elle déroule son récit jusqu’à une douloureuse révélation. Où a-t-il disparu et pourquoi ? A-t-il fui, a-t-il des ennuis ? Est-il encore en vie ?

 

Pour des raisons que je vous laisse découvrir, Tag a, non pas laissé une lettre d’explication à Millie, la femme pour qui il a récemment succombé, mais une série de cassettes audio. Dans ces cassettes, Tag raconte leur rencontre de son point de vue et expose l’intégralité de ses sentiments pour elle à chaque moment qu’ils ont passé ensemble. Il tente par-là de faire comprendre à Millie à quel point leur rencontre a bouleversé sa vie, à quel point elle compte pour lui. 

 

Mais justement, si c’est le cas, pourquoi a-t-il disparu en paraissant avoir organisé son départ ? Cet amour lui faisait-il peur, ou d’autres raisons l’y ont-elles contraint ? Car si Tag est aujourd’hui un combattant respecté ayant sa propre équipe solide pour l’entourer, nous apprendrons que cela n’a pas toujours été le cas…

 

*****

 

Cette romance est en fait le tome 2 d’une série, mais l’auteure a veillé à ce qu’il se lise facilement indépendamment. 

Que ceux qui n’aiment pas l’overdose de sexe dans une romance se rassurent également : Aucun passage cru ou détaillé ne viendra émailler votre lecture.

 

Le fait que ce soit Tag qui raconte sa propre histoire le rend relativement attachant, puisqu’on apprend à bien le connaître à travers ses sentiments, et le fait que Millie soit une fille spéciale (je vous laisse découvrir de quel point de vue) apporte un peu d’originalité à cette romance qui demeure malgré tout très classique. Je ne me suis pas ennuyée, j’ai aimé le récit audio et j’ai cherché avec la Tag Team ce qui avait bien pu arriver pour qu’il disparaisse… J’ai même versé ma petite larmichette à la fin.

 

Mais si j’ai apprécié cette lecture, les belles émotions, les beaux personnages (notamment Henry, le petit frère autiste de Millie dont j’adore la façon de communiquer), et les beaux moments de lecture que cela crée, je n’ai pas été transportée autant que prévu dans la peau de ces personnages. Un peu comme à la lecture de "jamais plus", je suis restée sur ma faim.

Peut-être que lire le tome 1 m’y aurait aidé. Peut-être que je n’ai pas réussi à vraiment pénétrer le monde de Millie aussi, dans la mesure où elle n’est pas la narratrice. Mais étrangement, et malgré des personnages assez marqués, j’ai trouvé ce nouveau roman plus lisse et convenu que "Nos faces cachées". 

 

Par exemple, si je dois comparer des héros de romances ayant un handicap, j’ai totalement vécu de l’intérieur celui de « Maybe Someday », alors que je suis restée un peu en retrait de celui de Millie, malgré de jolis passages et réflexions que l’auteure nous a offerts. Quand au monde du combat, j’avais été plus touché par la série « fight for love », où le personnage était rendu presque en chair et en os par l’auteure.

 

Ca reste une belle lecture, une belle leçon de vie à beaucoup d’égard. Une lecture d’été qui pourra vous toucher mais dont je ne pense pas lire les autres tomes.

 

« La vie n’est pas parfaite. Les gens ne sont pas parfaits. Mais il y a des petits moments dans la vie qui le sont ».

  

Et vous, avez-vous été séduit(e)s par cette série ? Avez-vous préféré le tome 1 ? Avez-vous préféré, comme moi, « nos faces cachées » ?

« Le couloir de la mort » (John GRISHAM) : La peine capitale en question

Le 13 juin 2017, 10:31 dans Livres 4

L’auteur et le thème :

 

S’il y a un thème qui me tient à coeur depuis toujours, c’est celui de la justice. Depuis que j’ai découvert John GRISHAM, je suis comblée : Ancien avocat devenu écrivain, ses romans sont un habile mélange de thriller et de romans de société ; Il questionne les grandes problématiques de notre époque mais aussi de notre Histoire, pour connaître le monde dans lequel on vit, le comprendre un peu mieux, et surtout réfléchir à notre tour sur des questions importantes telles que le racisme, la peine de mort, la toute puissance de grandes firmes et l’influence du lobbying le domaine de la santé, etc… Vous avez certainement aperçu quelques films adaptés de ses plus célèbres romans (l’Affaire Pélican, Erin Brockovitch, etc…) : Leur intérêt est qu’ils sont souvent inspirés de faits réels, que l’auteur retravaille pour nous.

 

 

L’histoire :

 

Sans surprise, « Le couloir de la mort » traite du thème de la peine de mort. Dans les années 90, Adam est un tout jeune avocat à qui on a caché ses racines toute son enfance ; Et pour cause : il vient d’apprendre que son grand-père n’est autre que Sam Cayhall, un condamné à mort très médiatique de 70 ans dont la date d’exécution vient d’être fixée, 23 ans après le crime présumé. En effet, c’est en 1967, en période de pleine expansion du Ku Klux Klan, qu’une explosion visant l’immeuble vide d’un travailleur juif a explosé avec retard et tué deux enfants.

 

Sam est apparemment coupable. Il est en tous cas le coupable idéal car toute sa famille appartenait par tradition au KKK. Mais est-il l’auteur et instigateur de ce crime, ou seulement le complice d’un acte de vandalisme qui a mal tourné ? 

Adam a beau être révulsé par cette partie de sa famille et de son passé, il ne peut rester indifférent au meurtre programmé de son grand-père : Il juge cette peine injuste (à cause du doute et du délai de condamnation), inhumaine (l’Etat va tuer son grand-père) et hypocrite (dans la mesure où il est justement condamné pour avoir tué alors qu'on a le droit de le tuer, lui...) : Bref, indigne d’une société qui condamne le crime tandis qu’elle le pratique elle même sous couvert de morale…

 

Mon avis :

 

Fort heureusement, ce roman n’est pas une énumération fastidieuse ni une bataille d’arguments juridiques sans fin. Un peu comme « Le dernier jour d’un condamné », de Victor Hugo, « Le couloir de la mort » est un plaidoyer humaniste contre la peine capitale - peut-être moins larmoyant, mais tout aussi efficace. L’auteur n’impose pas son avis, il laisse s’exprimer différents points de vue par le biais de ses personnages : Tantôt citoyens représentatifs de l’opinion publique d’un Etat à une époque donnée, fonctionnaires contraints d’appliquer la loi de l’Etat qui les emploit, prévenus contraints de la subir, ou encore avocats plaidant son abolition, tous servent un récit qui nous suggère l’inhumanité d’un assassinat légalisé.

 

 

D’autant que, si l’on peut comprendre (sans forcément cautionner) l’envie de vengeance d’une famille dans l’immédiat après-crime, comment peut-on justifier l’exécution d’un condamné 20 ans après son crime, comme c’est courant en pratique du fait des délais de la justice, des multiples appels possibles, etc…? Dans ce roman, vingt ans après ses crimes, la prison a fait de Sam un autre homme. La punition a déjà été la prison, et il est à présent un vieillard sur qui la « justice » s’acharne.

 

Durant tout le roman, nous suivons donc Adam dans sa course contre la montre visant à faire accorder à son grand-père un sursis, une grâce ou tout autre miracle. Mais l’auteur ne met pas l’accent sur ses requêtes juridiques : Il insiste plutôt sur le contexte d’une société qui applique encore cette peine tout en commençant à s’interroger sur ses bienfondés. Et plus on approche de la fin, plus le rythme s'accélère jusqu'au jour de l'exécution, pour savoir si Sam bénéficiera d'une grâce.

Au fil du roman, nous sentons l’évolution dans les sentiments du condamné et de son petit-fils : ce grand-père qui se révèlera finalement plus humain qu’on le pense et qui va subir une peine inhumaine, nous faisant apercevoir et ressentir tout le paradoxe et l’illogisme du système. Ce qu’il a de pervers. Car en l’occurrence, c’est aussi la société et le contexte politique qui ont fondé la personnalité de Sam et entrainé ses actes.

 

 

Surtout, on nous montre comment le gouverneur, qui dit avoir un doute sérieux sur la culpabilité de Sam, ne consent pas au sursis si ce dernier ne livre pas son complice. Pourtant, le principe fondamental du droit pénal n’est-il pas que le doute doit profiter à l’accusé ? Comment peut-on tuer quelqu’un légalement sans être sûr de sa culpabilité ? 

 

 

Ce récit rappelle finalement et en tout état de cause que, même s’il existe des façons d’exécuter plus « propres » que d’autres, un meurtre demeure un meurtre. Comment peut-on dans le même temps interdir le meurtre, et le commanditer ? Comment peut-on être crédible en invoquant la même  morale pour à la fois condamner le meurtre et l’autoriser ? Ces incohérences rendent incompréhensible et injustifiable la peine capitale.

 

En voulant sauver son grand-père d’une telle mort alors qu’au départ il le révulse, Adam met bien en valeur le fait que la morale, l'idée du bien ou du mal, existent et s'examinent dans l’absolu, c’est à dire au-delà des personnes, des actes et des lois, ces dernières étant amenées à évoluer sans cesse avec la société et ne la reflétant donc qu'à une période et en un lieu donné. La morale, quant à elle, est intemporelle et universelle : Si tuer est immoral, alors ça l'est pour tout le monde et en tous temps, y compris pour l'Etat. 

 

 

« On attacha les courroies autour des bras de Sam - deux pour chaque bras, deux également pour chaque jambe, emprisonnant le pantalon tout neuf - puis l’horrible serre-tête qui empêche le condamné de se blesser lorsque le gaz pénètre dans ses poumons. Voilà, les entraves sont bouclées, il n’y a plus qu’à attendre l’arrivée du gaz. Pas une seule goutte de sang versée. Rien qui ne puisse entacher ce crime parfait commis au nom de la morale. »

 

 

En bref, comme d’habitude, vous trouverez dans ce roman de John GRISHAM de très bonnes réflexions sur le thème, qui vous aideront peut-être à vous forger une opinion, à bousculer vos idées reçues ou, pourquoi pas, à vous pencher sur un sujet que vous ne jugiez pas prioritaire du fait de nos lois françaises actuelles.

 

Est-ce un thème qui vous préoccupe ? Connaissez-vous déjà l’auteur, aimez-vous ses oeuvres ?

« Jamais plus », de Colleen HOOVER : Contre toute attente, un avis mitigé.

Le 2 juin 2017, 15:22 dans Livres 9

« Jamais plus », c’est ce que se dit l’héroïne lorsque son petit ami la frappe pour la première fois. Car cette fois, l’auteure s’attaque au difficile sujet de la violence dans le couple. Et comme vous le verrez dans la post-face, il s’agit d’une situation qu’elle a vécue étant enfant.

 

Lily, 24 ans, vient d’enterrer son père sans pouvoir dire un mot gentil à ses funérailles, et pour cause : Elle le voyait battre sa mère depuis son enfance. Elle prend l’air sur un toit d’immeuble lorsqu’arrive Ryle, un jeune homme qui a lui aussi passé une mauvaise journée, ils font connaissance, se plaisent bien, et finiront par sortir ensemble. Jusqu’au jour où, lors d’une dispute, il perd son calme et la frappe. 

 

 

Lily, qui n’a jamais compris pourquoi sa mère endurait ces moments douloureux et lui faisait endurer ce spectacle, s’était juré de ne jamais rester avec un homme violent. Pourtant, quand Ryle se confond en excuses, pleurs, et promesses que ça ne se reproduira jamais, elle décide de lui laisser une seconde chance. Pourquoi ? Parce qu’elle l’aime et qu’elle passe par ailleurs des moments merveilleux avec lui. Sauf que bien sûr, le second coup révèlera que le premier n’était pas un accident et, au troisième, lorsqu’elle aura vraiment peur pour sa vie, elle se rappellera la promesse qu’elle s’était faite. 

 

Parviendra-t-elle à quitter l’homme qu’elle aime autant qu’elle le hait ? En dépit de tous les avis qu’elle pouvait avoir sur la question, elle se rend compte que la situation est bien plus complexe qu’elle ne l’avait perçue avant de la vivre. Heureusement, elle peut compter sur un ami d’enfance très protecteur… Qui fait lui aussi l’objet d’une histoire dans l’histoire. Mais celle-ci, je vous laisse la découvrir !

 

*****

 

En général, si j’apprécie les romances de Colleen HOOVER, c’est parce qu’elle a un talent certain pour nous faire ressentir les sentiments de ses personnages comme si nous étions eux. Ses romans sont donc souvent très forts en émotions, et c’est ce que j’aime dans ses lectures.

 

Ici, je pense que l’objet du roman était de nous inviter à ne pas juger ces femmes qui restent avec des maris qui les battent, en nous montrant à quel point, quand on aime une personne, il est très difficile de croire que ce n’est pas un accident, et très difficile de la quitter (sans compter le cas de celles qui ont peur de partir, et/ou sont mal entourées et psychologiquement plus fragiles ou moins préparées que Lily, ce qui n’était pas l’objet du roman en l’occurrence).

 

Malheureusement, j’ai trouvé que les émotions que l’on attend d’une romance sont un peu en reste concernant l’histoire entre Lily et Ryle. Je n’ai pas ressenti très fort leur amour et, du coup, lorsqu’elle hésite à le quitter, je n’ai pas vraiment ressenti le dilemme que l’héroïne devait ressentir. Le but principal du roman n’est donc pas tout à fait atteint en ce qui me concerne (même si je sais qu’il a fait la quasi unanimité auprès des autres lectrices). Peut-être la personnalité de Ryle n’est-elle pas assez développée pour que l’on s’attache à lui avec Lily, vivant son dilemme avec elle ? (Des chapitre racontés par Ryle auraient peut-être pu y contribuer également ?)

 

En revanche, j’ai ressenti beaucoup plus d’émotion et d’amour véritable et fort entre Lily et son extraordinaire premier amour : Les chapitres consacré à son passé, qui s’entrecroise avec son présent et y aura des conséquences, m’ont énormément touchée. J’ai trouvé ces passages très beaux et plus intenses. Mais je ne vous en dit pas plus afin que vous ayez la joie de les découvrir, si toutefois vous envisagez cette lecture !

 

Un petit tour d’horizon pour finir : Ce roman complète assez bien « Big little lies » de MORIARTY, dont je vous ai récemment parlé. Mais pour un roman sublime sur le sujet de la violence sur les enfants, je vous renvoie à « Des bleus au coeur », de Louisa REID.

 

 

Etes-vous sensibles à ces thèmes  en littérature ? Avez-vous aimé "Jamais plus" ?

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