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« Anatomie d’un soldat » d’Harry PARKER : Coup de coeur

Le 24 mai 2017, 09:20 dans Livres 7

 

Ce roman, magnifique et innovant, est l’histoire de Tom BARNES, soldat de l’armée britannique sous le matricule BA5799. Il part en mission dans un désert en guerre, où nous le suivons, mais explosera sur une bombe, obligeant le corps médical à l’amputer.

 

Toute l’originalité et la force du roman sont dans le récit : L’auteur, lui-même ancien soldat britannique, a choisi des témoins très particuliers : Les objets qui l’ont entouré de près ou de loin au combat, ou qui l’entourent encore dans sa nouvelle vie. Une vie sans jambe, qu’il doit apprendre à apprivoiser. Une nouvelle vie dans laquelle il doit se retrouver, se réapprendre, survivre au regard des autres.

 

 

Si j’avais peur de tomber dans un récit un peu facile et superficiel du fait des points de vue choisis (des objets), ce fut tout l’inverse. J’ai été bouleversée par la plume de l’auteur, les mots, personnages et événements exploités à leur maximum. 

 

Tom est un capitaine attachant. Il se rend compte qu’il ne pourra pas toujours échapper aux risques du terrain comme il en a eu la chance jusqu’à présent, que ça n'arrive pas toujours qu'aux autres comme on voudrait le croire très fort. Si au départ il lui tarde d’aller au combat avec ses hommes, il est à présent impatient de rentrer chez lui retrouver ses proches. Mais le destin le rattrape plus vite que prévu lorsqu’il explose sur une bombe ennemie.

 

A l’hôpital, Tom est fort et s’efforce de le rester même dans ses moments de lassitude, de peur, de doute ou de douleur. Les objets qui en sont témoins, quant à eux, même les plus douloureux pour Tom, sont dotés d’une extrême sensibilité qui vous touchera à chaque mot, presque comme s’ils étaient conscients et même s’excusaient, pour certains, de leur rôle dans ce récit.

 

Certains objets témoignent du présent de Tom à l’hôpital, après ses blessures ; D’autres au contraires témoignent de cette guerre dans le désert, des événements qui ont conduit Tom jusqu’à l’explosion ce jour-là. Loin des clichés auxquels je m’attendais et que je craignais, les objets nous confient vraiment toutes sortes de moments privilégiés au sein de la population locale, du camp militaire, des opérations, des familles restées au pays, des médecins et hôpitaux, des amis devant participer au préapprentissage de la vie de Tom.

 

Et puis, si certains objets racontent factuellement, d'autres s'adressent directement à Tom en lui parlant, comme cette infection venue du désert et qui se propage en lui, et dont le texte est particulièrement touchant.

 

Grâce à cette diversité de points de vue, nous pénétrons au plus profond de toute chose et de toute âme : un sac main de sa maman, ses chaussures militaires, sa radio de transmission, le fusil de l’ennemi qui lui tire dessus, la sonde urinaire qui l’accompagne durant trois semaines d’opérations diverses à l’hôpital, le garrot qui lui sauve la vie après l’explosion, le tapis d’habitants du désert avec qui il doit négocier durant sa mission, ou encore la bombe qui l’a fait sauter, sa nouvelle prothèse, etc…

 

Ne vous êtes-vous jamais dit que si les objets qui nous entourent pouvaient s’exprimer, ils en auraient de bonnes à raconter ? Eh bien Harry PARKER les fait parler, sans tabou mais avec respect et pudeur, tout au long de ce roman plein de force et de sensibilité mêlées, garanti sans pathos

 

Au total, ce roman est donc une expérience très marquante et hautement réussie, que je recommande chaudement. Un belle façon de rendre hommage aux populations en guerre mais surtout à nos hommes et femmes qui partent en guerre pour nous protéger et en reviennent forcément meurtris, de quelque manière que ce soit ; Que l’on ne sait pas toujours aider mais à qui l’on pense très fort.

 

Qu’est-il vraiment arrivé au soldat Tom BARNES, BA5799 ? Va-t-il s’en relever et comment ? Vous ne le saurez exactement qu’à la fin. 

 

L’expérience vous tente ?

 

Quand le soleil bat dans nos coeurs

Le 21 mai 2017, 21:43 dans Humeurs 5

Bonsoir mes Cotons !

Je profite de la vitamine D qui coule encore dans mes veines pour vous écrire un petit coucou gorgé de soleil, histoire de vous souhaiter une belle nuit de sommeil.

Je vous souhaite d'avoir passé un aussi bon week-end que moi : En plein soleil, en terrasse d'un nouveau bar en centre ville, sur un arbre couvert de cerises, dans une cuisine fleurant la confiture toute chaude, (d)étendue dans l'herbe tondue, entourée de l'odeur de citronnelle, de menthe, de chèvrefeuille et de pivoines, dans les bras de vos proches bien aimés, l'esprit entre les lignes de votre lecture du jour...

 

J'espère que vous avez pris le soleil avec moi et que vous êtes bourrés d'images positives pour aller au lit. Gros bisous les cotons, et bon courage pour la semaine à venir (trois jours de travail, trop dur !!).

Et vous, qu'avez-vous fait ce week-end ?

Big Little Lies (Petits secrets et grands mensonges), de Liane MORIARTY : Le roman rafraîchissant

Le 19 mai 2017, 14:16 dans Livres 11

« Elle n’était pas la seule à avoir échoué à l’hôpital. D’après ce qu’elle avait compris, on dénombrait ce matin trois fractures - une cheville (Madeline), une clavicule (Jane), un nez (Geoff, qui ne payait pas cher sa liaison avec la nounou) - trois têtes filées (Graeme, qui avait également couché avec la demoiselle), trois coquards, deux vilaines entailles qui avaient nécessité des points de suture, quatre-vingt quatorze maux de tête et…

 

Un mort. »

 

Déjà adapté en série, ce roman est l’histoire des habitants de Pirriwie (banlieue de bord de mer) qui, comme le titre l’indique, ne sont pas tout à fait ce qu’ils semblent être en public : Chacun a ses petits secrets, et ses mensonges pour les conserver… 

 

 

 

 

Dans ce roman, Liane MORIARTY a bâti son intrigue autour de l'école du village, qui concentre l'énergie des parents à s'y faire refléter l'image qu'ils veulent donner de leur famille. La question est : Que dissimule le verni que chacun affiche en venant chercher ses enfants à l’école, ou en se liant d’amitié avec d’autres parents ? 

 

Dès les premières lignes, l’un des parents d’élèves de maternelle vient justement de trouver la mort lors d’une fête de l’école, dans des circonstances pas très nettes. Une enquête est ouverte. Parmi tous ces parents aux vies de rêve, qui a pu provoquer ce drame et pourquoi ?

 

Pour répondre à cette question, Liane MORIARTY alterne entre récit des six derniers mois et extraits d’interrogatoires de police. 

 

 

Nous suivons plus particulièrement trois familles : 

 

. Celle de Céleste et Perry, le couple modèle à la beauté irréelle et aux finances sans fond, dont la vie parfaite est régulièrement punaisée comme une vitrine sur Facebook. Pourtant, Céleste a souvent l’air dans ses pensées et Perry est toujours en voyage. Sont-ils si heureux qu’ils en ont l’air ? Cette année, leurs deux jumeaux entrent à l’école maternelle avec les enfants de Madeline.

 

. La famille de Madeline et Ed, son nouveau mari. Leur fille entre à l’école maternelle cette année, mais ils doivent aussi compter avec la présence d’une ado rebelle : Abigail, la première fille de Madeline issue de son premier mariage avec Nathan. Celui-ci a d’ailleurs aménagé tout près avec sa nouvelle femme, et sa fille qui entre également à la maternelle… La petite famille recomposée parfaite. Ou pas ?

 

.  Enfin il y a Jane. Tout juste arrivée en ville, elle élève seule son petit Ziggy. Ce dernier ne connait pas son père, et Jane refuse d’en parler car sa conception, comme elle le livrera à ses amies Céleste et Madeline, s’est faite dans la violence. La violence se transmet-elle dans les gènes, ou dépend-elle de l’éducation, que l’amour que l’on reçoit, du modèle et de l’exemple que l’on nous donne ?

 

 

Autour d’elle grouillent l’effervescence des sorties de classe, les rumeurs sur les uns et les autres, les problèmes des enfants dans leurs relations à l’école, etc…

 

Petits enfants, petits soucis ? C’est ce qu’on voudrait leur faire croire… Mais quand Liane MORIARTY remonte le temps jusqu’à la fameuse catastrophe, on se rend compte que chaque acte provoque des failles en nous, prêtes à se révéler au moindre accroc. Jusqu’à ce que la goutte d’eau fasse déborder le vase, posant la vraie question sous-jacente : Est-on toujours assez attentif aux failles et problèmes des autres ?

 

*****

 

J’ai a-do-ré ce roman : La plume est enlevée, acérée, drôle ; Le scénario est extrêmement bien ficelé, le découpage du récit est idéal pour donner une vision globale de l’histoire et les personnages sont vraiment bien étudiés et décrits.

 

On entre immédiatement dans leur univers pour ne plus vouloir le lâcher. Malgré des révélations et péripéties régulières qui nous divertissent, le suspense de la mort est maintenu jusqu’à la fin grâce à des prises de conscience de dernière minutes.

 

Avec sa dose de légèreté et un ton enlevé, ce roman n’en aborde pas moins de multiples thèmes sérieux de la vie de couple et de famille, que je ne peux pas tous énumérer sans révéler une partie des secrets…

 

 

J’y ai découvert des personnages et histoires façon Desperate Housewives, que j’ai eu beaucoup de plaisir à côtoyer.

 

Bref, si vous avez envie de gratter sous le verni bien lisse d’une petite banlieue chic, et de découvrir des personnages aussi intéressants qu’attachants, je vous conseille ce roman !

 

 

Quand l’auteure avait écrit « Le secret du mari » il y a quelque temps, encensé par ma libraire, j’étais dubitative et pensais à un énième livre sur le thème des secrets dans le couple. Mais s’il est aussi bien écrit et scénarisé, c’est sûr : Je le lirai !

 

Avez-vous lu l’un de ces deux romans ?

 

Peut-être connaissez-vous la série issue de ce roman ? L’avez vous aimée ?

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