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« Indomptables » par Cecily Von Ziegesar (l'auteure de Gossip Girl)

Le 17 mai 2016, 08:57 dans Livres 14

J’ai souvent peur d’être déçue par les histoires avec les chevaux, par crainte qu’elles manquent de réalisme, ou encore de passion. Mais les masses critiques de Babelio sont aussi là pour tenter, alors j’en ai profité. D’autant que Cecily Von Ziegesar est cavalière, et qu’elle est l’auteure de Gossip Girl, qui a rencontré un grand succès. Un intermède agréable dans ma lecture de mille pages dont je vous parle bientôt. 

 

 

L’auteure choisit de nous plonger dans la jeunesse dorée new-yorkaise avec Merritt, 16 ans. Du fait d’un double deuil mal vécu, et du manque d’amour de la part de ses parents qui ont tendance à prendre plus de temps pour eux que pour elle, Merritt va fuguer le jour de ses examens d’entrée à la fac. Débordés par la situation, ses parents la placent dans un centre spécialisé pour jeunes à problème, où la rééducation se fait par les chevaux. 

Il se trouve que dans ce centre est aussi hébergé Red, un poulain de course réformé pour avoir provoqué un accident sur la piste qui est aussi mal dans sa tête que l’est Merritt. Mal aimé et mal traité par les cavaliers qui ont tenté de l’approcher par la suite, Red s’est renfermé sur lui-même et a décidé de ne plus aimer les humains : Il sème donc la panique partout où il passe, mordant, tapant, ruant, ouvrant les boxes etc… Ces deux-là vont se comprendre et se soigner au-delà de toute espérance ; Enfin ça, c’est ce que l’on croit... 

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Peut-être ne le savez-vous pas, mais mon premier choix de métier était l’équithérapie (le fait que Word ne connaisse pas ce mot est extrêmement révélateur…). Du coup forcément, l’histoire m’intéressait. Elle a le mérite de faire connaître le principe de guérison au contact de cet animal, qui ne vous juge pas mais est le miroir de vos émotions, et se comporte avec vous de la manière dont vous le traitez. Sans parole mais avec beaucoup d’affection, il donne les leçons de vie qui s’imposent, aide à resocialiser les personnes, à réapprendre la patience et beaucoup d’autres qualités, comme le respect de l’autre puisqu’il demeure le plus fort. 

« Ici, à Good Fences, nous progressons à petits pas, a-t-elle continué. Nous appelons ça des étapes. Pour franchir à cheval une série de barres, la seule manière de vous y prendre consiste à les sauter l'une après l'autre. Je pense que Merritt sera énormément boostée dès lors qu'elle aura nouée un lien avec l'un de nos chevaux. A son arrivée, chaque jeune fille a un amour-propre au plus bas, puis cet animal magnifique, ce gentil géant, la choisit comme amie et confidente. L'impact est immédiat. Et puis, il y a les corvées quotidiennes à l'écurie. Toutes les responsabilités qui accompagnent l'entretien d'un cheval. Cela représente beaucoup de travail, mais procure aussi un bien immense. » 

Le petit plus de l’histoire, c’est que l’auteur alterne les chapitre racontés par Merritt et ceux raconté par Red : Car oui, Red a la parole et nous avons l’immense privilège de nous balader dans sa tête, de pouvoir alors saisir les pensées et sentiments qu’il ne peut exprimer par la parole et qui, souvent, le rendent illisible et inquiétant aux yeux des profanes. Bien sûr, ce faisant, l’auteure lui prête des pensées d’humain ; Mais en même temps, c’est tellement proche de l’idée que tout cavalier peut se faire des pensées de son cheval sans en avoir conscience, que ça se lit très bien. D’ailleurs, l’auteure en joue en prêtant une touche d’humour et de mélomanie à Red qui nous le rend encore plus sympathique.  

Il est également très touchant de voir Merritt et lui se rapprocher, dès que Merritt le voit enfin comme un être doté de sensibilité et non comme un objet synonyme de corvées. Percevoir que Merritt le respecte et prend soin de lui donne à Red envie de se faire aimer d’elle pour rester son cheval. Merritt quant à elle ressent enfin de l’affection. Elle parvient alors à s’ouvrir à Red ce qui permet à la thérapeute de l’aider. Ensemble, ils rafleront tous les concours. Jusqu’au jour où Merritt va rencontrer un autre cavalier, Carvin, qui va la déconcentrer un peu… et faire ressortir de vieux démons tout justes enfouis. 

Je ne vous en dis pas plus sur cette histoire, dont j’ai aimé autant le scenario que la manière de le raconter et même la transcription des ambiances de concours et des attitudes très plausibles de chacun. Ca reste un livre de détente dont le ton est léger, mais qui aborde parfaitement des sujets plus profonds en brossant des portraits de personnages très réussis. J’ai juste été un peu frustrée par la fin, qui a pourtant le mérite de clore l’histoire par de l’espoir et sans eau de rose :  Parce que je m’étais attachée à Carvin (et que mon cœurs de midinette commençait à avoir certaines attentes) et qu’après l’hécatombe qu’on venait de vivre, j’aurais apprécié un beau bouquet final… A part ça, si vous cherchez un livre de détente, c’est un agréable moment de lecture (3/5) !

 

« Confess » (Colleen HOOVER) : confidences et résilience

Le 9 mai 2016, 08:48 dans Livres 4

« Il y a les gens qu’on rencontre, dont on fait connaissance, et il y a ceux qu’on rencontre et qu’on connaissait déjà. Pour moi, Owen fait partie de la deuxième catégorie. Nos personnalités semblent se compléter, comme si on se connaissait depuis toujours. »

Comme tous les habitués de cette auteure, j’attendais avec impatience la sortie de Confess. Encore une fois, elle a su trouver un univers et créer une ambiance pour sa romance et j’apprécie beaucoup ça. Auburn est une jeune adulte devenue coiffeuse par nécessité et qui, pour des raisons que nous découvrirons plus tard, a besoin d’un second emploi bien payé. Alors quand elle voit une offre d’emploi dans une galerie d’art, elle saute sur l’occasion même si l’artiste la surprend : Aussi jeune qu’elle, Owen peint ses tableaux à partir de confessions écrites que des anonymes glissent dans sa boîte aux lettres. 

 

 

Auburn semble immédiatement sensible à son art, et Owen paraît la connaître depuis longtemps, ce qui fait que le courant passe tout de suite entre eux. Mais aucun ne veut réellement céder à son attirance pour l’autre dans la mesure où leurs vies sont réciproquement compliquées : Owen semble avoir un problème avec la drogue et la justice et, même s’il pense qu’Auburn serait parfaite pour lui, il ne veut pas lui imposer ses choix de vie, dont nous découvrirons les raisons au fil de notre lecture. De son côté, Auburn consulte un avocat pour régler ce qui semble être une histoire de famille et que je vous laisse découvrir… Sans compter que son amour de jeunesse est mort d’une longue maladie sans qu’elle paraisse en avoir fait son deuil. Mais les apparences sont trompeuses, et plus d’une personne pourraient bien avoir à se confesser dans cette histoire ! 

***** 

Le système des confessions est bien trouvé et amène la touche d’originalité par laquelle l’auteure se démarque toujours. Les personnages sont sympathiques et leurs histoires  respectives se tiennent. Et pour une fois dans une romance new adult, le sexe n’est pas omniprésent (je ne crois pas qu’il y ait vraiment de scène de sexe d’ailleurs de mémoire, même si ça fait un petit moment que j’ai terminé cette lecture). 

Sans surprise, j’ai donc bien aimé l’histoire et les personnages, et étant racontée par Colleen HOOVER je suis sortie contente de cette lecture. Pourtant j’aurais aimé encore un peu plus d’intensité pour que l’histoire me marque pendant longtemps comme Maybe Someday, où l’équilibre était parfait, ou même Ugly Love, dans lequel l’électricité entre les personnages éclipsait leur histoire personnelle. Ici les histoires respectives des personnages prennent un peu le pas sur l’intensité de leurs sentiments. 

En même temps, comme l’auteure parvient toujours à nous faire ressentir ce qu’elle écrit, cette romance sera appréciée des fans et même de ceux qui découvrent l’auteure et qui aiment les romances où le sexe n’est pas omniprésent. Un bon moment, mais vivement les suivants où j’espère être encore plus tourneboulée. Qu’en avez-vous pensé ? Pensez-vous découvrir cette auteure un jour ? Et pour les connaisseurs : Faut-il que je lise ses premiers romans ?

 

« Compagnie K » (William MARCH) : Le très beau classique américain sur la première guerre mondiale

Le 28 avril 2016, 19:12 dans Livres 4

Quoi de mieux pour découvrir cette guerre que de la découvrir à travers le roman d’un auteur qui l’a vécue ? William MARCH était, en effet, un marine américain appelé en soutien des troupes françaises dans les tranchées et plusieurs fois décoré. Mais, saisi par la stupidité et l’horreur des guerres, il a voulu ici les exposer dans leur globalité et non faire valoir sa propre expérience en particulier. Pour cela, il fait raconter son récit par tous les soldats de cette « compagnie K », inventée pour l’occasion mais inspirée de tout ce qu’il a vécu et entendu sur place.  

 

 

Il nous offre ainsi les témoignages de fiction, mais issus de sa propre expérience, des marines américains déployés dans les tranchées. On obtient alors une vision globale de cette guerre, très enrichissante car il parvient à rendre le vécu de chaque soldat à la fois universel et très personnel. Peu importe la guerre ou le soldat, seules demeurent l’horreur et la sensation que s’entretuer est contre nature. 

Du fait de ce mode de narration, on ne s’attache pas à un seul héros durant le roman, dont les mésaventures ou la mort nous ferait pleurer. On découvre au contraire de courtes expériences de deux pages par soldats. Cela rend la lecture plus légère et abordable même par les âmes sensibles et, de ce fait aussi, tout pathos est banni. Au départ, je me suis même dit que la lecture était presque trop aisée avec ce processus : On ne ressent pas avec chaque soldat l’horreur de ce qu’il vit puisqu’on n’a pas le temps de le connaître, de s’attacher à lui. 

Mais très vite, c’est à l’unité que l’on s’attache, à ces soldats que nous côtoyons tour à tour et aux autres qui, comme eux, se battent sur le terrain. C’est au fil de chaque histoire individuelle que se tisse l’histoire commune de cette guerre des tranchées, des soldats au front, de leurs familles, de leur retour après l’armistice avec leurs cicatrices, leurs membres en moins, leur âme chamboulée. Autant de stigmates avec lesquels ils doivent vivre, même quand ceux qu’ils aiment les rejettent…. Et c’est donc au fil de notre progression que nous saisissons toute l’ampleur du drame de la guerre. 

D’après mon mari, c’est la même sensation qui ressort de la lecture des « Paroles de Poilus » (que j’ai toujours voulu lire mais malheureusement jamais lues…) diffusées dans les années 90 sur Radio France, puis mises sur papier sous la direction de Jean-Pierre GUENO.Est-ce que vous connaissez et est-ce que vous me le recommandez ? 

Au total, William MARCH parvient très bien à nous attacher à son histoire, ses personnages et, plus important, son propos. Sans jamais trop en faire, ce livre peut être instructif, émouvant, choquant, et des tas d’autres choses pour chacun d’entre vous. Je vous conseille ce classique américain et n’hésitez pas à me dire si vous avez aimé ce procédé de récit. D’autres classiques marquants ou indispensables à me conseiller sur ce thème ?

 

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