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« Dracula » de Bram STOCKER : Le bit-classique de saison

Le 18 October 2018, 19:13 dans Livres 4

C’est bientôt halloween, alors je ne pouvais poursuivre ma découverte des classiques qu’avec DRACULA ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, je connaissais le thème mais pas réellement l’histoire puisque je n’avais jamais vu les films. C'est un article de Gaetane qui m'avait intriguée...

 

Jonathan HARKER est notaire près de Londres, envoyé en Transylvanie pour rencontrer un client : Il doit régler les derniers détails juridiques avec le comte Dracula, qui est en train d’acheter un domaine à Carfax, près de Londres. Mais une fois arrivé dans le manoir du comte dont il est l’invité, il se rend compte qu’il est en réalité son prisonnier, que le manoir recèle de mystères effrayants et que le comte est une créature bien étrange… Parviendra-t-il à s’échapper ?

 

 

Cette histoire nous est contée par le biais des journaux intimes des personnages, des lettres échangées, ou encore des notes professionnelles.

 

C’est ainsi que l’on apprend que, parallèlement, une étrange maladie atteint la meilleure amie de Mina, sa fiancée. La jeune femme devient d’une pâleur extrême, ne se nourrit plus, dort le jour, se lève la nuit et s’affaiblit chaque jour, tandis que ses dents et son regard semblent se transformer… Mina, qui n’a plus de nouvelles de Jonathan, fait appel à des amis médecins qui après avoir éliminé toutes les maladies connues, craignent qu’elle soit atteinte d’un mal rapporté par les légendes… et qui viendrait d’une morsure de chauve-souris. Pour la guérir, les seuls remèdes se trouvent ainsi dans les superstitions, mais il faudra agir en cachette pour ne pas être pris pour fous ni être déjouée par cette chauve-souris dont les pouvoirs nous sont encore mal connus…

 

Pendant ce temps, l’épidémie se propage, et l’un des médecins est confronté à ses propres patients de l’asile où il travaille, dont l’un capture des animaux pour les manger, parle de l’avènement prochain de son seigneur et maître, et soutient qu’il ne veut voler l’âme de personne même s’il aime le sang de ses petites victimes…

 

★★★/☆☆

 

Le plus étrange dans cette lecture c’est que, même si je ne suis pas amatrice de bit-lit, je suis un pur produit de la génération BUFFY contre les vampires, une pro de la canine pointue, du pieu dans le coeur, ou des lasagnes à l’ail. Donc j’avais dès le départ un avantage sur les personnages de ce roman, ce qui a probablement gâché un peu ma surprise comparée à celle des premiers lecteurs de cette histoire, en 1897.

 

Le point fort de ce livre c’est l’ambiance du départ, lorsqu’on pénètre les Carpates avec Jonathan, dans la forêt enneigée, entourés de loups (garous ?), de cimetières abandonnés, du vieux manoir en haut de la colline… Puis de pièces secrètes et poussiéreuses, de fantômes ? ou autres créatures… et de notaire prisonnier. J’ai aimé aussi la partie sur la recherche de la maladie mystérieuse de Lucy, l’amie de Mina. Et je veux bien admettre que recevoir 4 transfusions sanguines à cette époque n’a pas tué la fille puisque de toutes façons ce sang était bu la nuit suivante par Dracula en personne… Alors admettons.

 

Mais le bémol du roman - sautez ce paragraphe si vous ne connaissez pas l’histoire et voulez gardez le suspense - c’est qu’on ne sait jamais ce qui s’est passé entre le moment où DRACULA va faire de Jonathan son 4 heures, et le moment où, contre toute attente, il rejoint tout le monde miraculeusement.

 

Mon second reproche est le même que pour « La dame en blanc » de Wilkie Collins : Autre temps, autres moeurs : sans les moyens modernes, tout est plus lent. Il faut déplacer tout le monde pour avoir un renseignement, interroger les gens, attendre le renseignement pour avancer. Et si au début on apprécie cette lenteur retrouvée, à la fin, lorsque tout se met en place pour l’attaque finale, ça m’a paru un peu long - même si on sent que l’auteur fait tout pour abréger, à travers les récits que les personnages écourtent pour cause de fatigue et de manque de temps.

 

En comparaison, peut-être pour compenser, la bagarre finale est d’une rapidité éclair ! Presque décevante même si, en réalité, on est quand même bien soulagé que ça ait tourné comme ça, et que ce soit fini. En même temps, je le reconnais, ça découle aussi du fait que les personnages ont justement pris le temps de préparer leur plan au plus juste, et ne se sont pas précipités bêtement dans la gueule de la chauve-souris. Donc, même s’il y a une part de chance comme dans tout combat, le scénario se tient.

 

Au final, je suis contente d’avoir lu ce classique à l’origine de tant d’oeuvres tendance du moment mais, du fait de la multiplication des histoires de vampire à notre époque, j'ai eu une impression de déjà vu et je n’ai pas été aussi prise par l’histoire que je l'aurais voulu.

Cela étant, c'est en lisant ce classique, axé sur les victimes et raconté par elles, que j'ai repéré « entretien avec un vampire » d’Anne RICE ; Il s'agit apparemment de portraits de vampires qui, paraît-il, valent le détour. Selon vous, est-ce que c'est un livre à lire, ou il  ne m’apportera rien de plus ?

 

« Car après tout, vivre, c’est attendre quelque chose d’autre que ce que nous avons, quelque chose d’autre que ce que nous somme en train de faire ; la mort est la seule chose sur laquelle nous puissions compter. Elle peut venir vite, au fond, j’en serai content ».

 

Qu’avez-vous pensé de DRACULA si vous connaissez les films ou les livres ?

 

Etes-vous amateurs de bit-lit ou souhaitez-vous découvrir DRACULA pour son côté classique ?

« My absolute darling » de Gabriel TALLENT : Faut-il le lire ?

Le 4 October 2018, 19:12 dans Livres 7

C’est paraît-il LE livre qu’il faut avoir lu cette année, même si certains y ont vu trop de violence étalée pour rien, de trop longues descriptions de la nature ou encore des personnages trop peu attachants… Bref « My absolute darling », à lire ou pas ?

 

 

A la mort de sa mère, Julia se retrouve seule avec son père Martin, sorte d’alter-mondialiste vivant un peu reclus dans la nature. Martin n’a pas reçu l’amour paternel dont il avait besoin, et sa femme est morte : Il ressort de cette vie qu’il ne sait pas vraiment aimer et se sent toujours rejeté par son père, alors qu’il observe avec jalousie la complicité qu’il entretient avec sa fille Julia, alias Croquette, alias Turtle. SON amour absolu, parce qu’elle n’appartient plus qu’à lui, qu’il l’élève seul et qu’elle demeure donc la seule à l’aimer. Il ne la laissera pas le quitter. Il ne le supporterait pas. Il préfèrerait mourir quitte à l’emmener avec lui. Pour qu’elle ne s’éloigne pas trop de lui, il la maintient à l’écart du monde en lui apprenant à le dédaigner ; Julia apprend à haïr les petites connes de l’école et ses salopes de prof qui tentent de briser son isolement, à vivre et survivre dans la nature, pister des animaux, les tuer pour les manger. C’est son père qui lui apprend le maniement des armes pour se défendre, et elle veut plaire à son père. Parce qu’elle n’a que lui, et qu’il l’aime très fort. Un peu trop fort, parfois ? Qu’importe, c’est son père, alors ce qu’il lui fait parfois, elle doit le mériter. C’est vrai quoi, elle n’est qu’une petite pouffiasse.

 

*****

 

Alors, "My absolute darling", verdict ? Eh bien je suis du côté du plus grand nombre : J'ai trouvé ce livre sublime et magistral. Pas parce qu’il est violent ou dérangeant, ou dénonciateur, ou bien-pensant. Je le trouve sublime parce qu’il est riche de plein de choses extrêmement bien dosées sans perdre de sa spontanéité, et surtout parce que Gabriel TALLENT l’a écrit avec finesse. De fait, je ne l’ai pas trouvé aussi manichéen que je le craignais, avec d’un côté le vilain papa qui agresse sa fille, de l’autre le reste du monde, et au milieu la gentille fille soumise qui subit - ou encore les profs parfaits qui savent réagir, et les amis qui la sauvent. Non, dans ce roman les méchants peuvent avoir un côté attachant, les gentils un côté lâche, exaspérant, agaçant selon les personnages. Turtle n’est pas si soumise ; elle est forte, elle doit juste apprendre à s’en rendre compte, puis à l’accepter et à s’en servir, pour se sauver elle-même. Parce qu’elle perçoit bien que c’est la seule façon de ne plus être dépendante moralement de cette relation nocive. Parce qu’elle est la seule aussi à savoir vraiment ce qu’elle subit, puisqu’elle cache tout aux autres. Mais l’amour qu’elle porte à son père et l’ascendant qu’il a sur elle sont tellement ancrés en elle…

 

« - Croquette, dit-il. J'ai déconné. D'accord ?

Elle s'adosse à la baignoire et l'observe.

- Croquette... continue-t-il. Parfois, je ne suis pas bien. Mais j'essaie, tu sais, pour toi.

Il serre et desserre les mains, lui présente ses paumes.

- Comment ça, pas bien ? demande-t-elle.

- Oh Croquette, c'est dans notre sang je crois.

 

Elle boit encore à la bouteille, écarte des mèches de cheveux mouillés devant son visage. Elle l'aime. Quand il est comme ça, quand elle voit à quel point il fait des efforts pour elle, même la souffrance de Martin a de la valeur à ses yeux. Elle ne supporte pas l'idée qu'il puisse être déçu, et si elle le pouvait, elle l'envelopperait de tout son amour. Elle pose la bière parmi les champignons. Elle veut le lui dire, mais elle n'en a pas les tripes. »

 

En somme, nous avons des personnages complexes et complets : Un père en manque d’amour notamment parental et dont la femme est morte, restant avec sa fille qu’il veut aimer plus qu’il n’a été aimé, mais sans savoir s’y prendre puisqu’on ne lui a jamais montré - et qu’elle lui rappelle tellement sa femme, ce qui parfois le rend littéralement dingue et confus. Alors parfois, ce trop plein d’amour dérape, parfois aussi il devient haine. Comment gère-t-on un amour absolu qu’on voudrait garder pour soi tout seul par peur de l’abandon, alors qu’on doit le partager avec un monde qu’on méprise, des gens qui vont nous la prendre (université, copain, etc…) ? Alors parfois, il lui fait du mal. Le reste du temps, il tente d’en faire une femme forte et indépendante avec le peu de moyens dont il dispose. Il lui apprend à se défendre avec des armes, et l’entraine pour qu’elle soit meilleure que lui. Et même si, pour l’instant, il sait avoir l’emprise morale nécessaire à la maîtriser, n’est-ce pas inconsciemment lui donner les armes pour se défendre contre lui ? J’aimerais vous dire que c’est juste un homme détestable, mais ce n’est pas si simple n’est-ce pas. La vérité c’est qu’il est parfois attachant, parfois attendrissant dans son désespoir lorsqu’il est conscient de la situation, et dans sa tristesse lorsqu’on comprend tout l’amour qui lui manque à lui, pour pouvoir le donner correctement à son tour. Et on se dit quel gâchis, ça tient parfois à peu de choses, tout aurait pu être différent…

 

« Le moment viendra où ton âme devra être solide et pleine de conviction, et quelle que soit ton envergure, ta rapidité, tu gagneras si tu sais te battre comme un putain d'ange tombé sur terre, avec un coeur absolu et une putain de conviction totale, sans la moindre hésitation, le moindre doute ni la moindre peur, aucune division qui risque de monter une partie de toi-même contre l'autre. Au final, c'est ce que la vie exige de toi. Pas d'avoir une maîtrise technique, mais un côté impitoyable, du courage et une singularité dans tes objectifs. »

 

Et même si on veut défendre Turtle, personnage principal et la plus faible, on éprouve les mêmes sentiments ambigus qu’elle à mesure qu’elle nous laisse entrer dans sa tête pour apprendre à connaître les tenants et aboutissants de sa vie. Car elle aussi, si elle prend de plus en plus conscience qu’elle doit sortir de ce cercle vicieux, aime son père pour des tas de raisons qu’on peut malgré tout comprendre. Il l’élève seul et l’aime et, la plupart du temps, il fait de son mieux. Et elle déteste du coup toute personne qui pourrait se douter de ce qui se cache derrière son comportement à l’école et tenterait de les séparer. Comme elle en fait l’analyse plus tard à travers la rencontre d’une autre enfant, elle les déteste par réflexe et par mimétisme, avec les mêmes mots que ceux que son père emploie.

 

Les profs et autres adultes parents d’élèves soupçonnent des choses mais ne peuvent jamais être sûrs, surtout à cet âge adolescent… Julia défend tellement bien sa vie devant les autres. Si jamais on agit pour rien, on ferait plus de mal que de bien… Ne s’est-on jamais dit ça ? Ou bien est-ce un peu lâche …?

Ce qui va probablement faire basculer ce roman, c’est sa rencontre une nuit alors qu’elle se promène en forêt, avec deux garçons de son âge qui se sont perdus. Elle force leur respect en les aidant à ne pas succomber au froid, aux scorpions, à la désorientation, à la faim et à la soif, et ils forcent son intérêt par leur côté déjanté et surtout en l’acceptant telle qu’elle est : Une apparition sauvage et exotique dans leur vie. De cette amitié, Julia va trouver la force et l’envie de vouloir plus, de ne plus être seule, d’aimer. Mais pour les protéger de Martin, car elle sait de quoi il est capable quand il est en colère ou désespéré, elle doit se débrouiller elle-même. Y parviendra-t-elle ? Ou bien tout ceci ne peut-il finir qu’en horrible carnage à la Roméo et Juliette…?

 

Pour le savoir, je vous encourage à lire ce livre. Rassurez-vous, l’auteur ne fait pas étalage de la violence, mais il ne la minimise pas non-plus ; il la dissémine dans le quotidien de Julia, usant de la manipulation mentale de Julia pour nous la rendre comme elle la ressent : moitié compréhensible, mais pourtant tellement impardonnable, surtout venant de la seule personne de confiance qu’elle connaisse. Et puis on vit de nombreuses aventures avec Julia dans la mesure où elle est livrée à elle-même : Dans la forêt, mais aussi face aux dangers de l’océan tout proche. On ressent beaucoup de choses dans ce roman, et on réfléchit à beaucoup de chose aussi. La psychologie des personnages est bien vue. Un conseil ? Lisez-le.

 

« C’est ça le courage. Prendre ta vie en main quand ça semble la chose la plus difficile à faire. »

 

Et vous, qu’en pensez-vous ? Qu’est-ce que ce roman vous a fait éprouver ?

« Les eaux troubles du mojito » de Philippe DELERM - et autres gorgées de bière…

Le 28 September 2018, 12:55 dans Livres 5

 

De Philippe DELERM je n’ai lu que ces deux recueils, mais ils me font tous les deux penser à l’oeuvre d’un auteur dont je vous ai parlé récemment : « Histoires naturelles », de Jules RENARD. D’ailleurs, j’ai souri en lisant l’épigraphe « des eaux troubles du mojitos », que l’auteur a justement emprunté à Jules RENARD :

 

« Le bonheur serait de se souvenir du présent ».

 

C’est tout à fait l’esprit des livres que je vous présente aujourd’hui !

 

 

Comme Jules renard réalisait des instantanés en prose de la nature qui l’entourait, Philippe DELERM nous offre dans « la première gorgée de bière » le portrait de petits moments tout simples du quotidien, que tout le monde a pu vivre, voire même que plus personne ne remarque à force de les vivre : Ecosser des petits pois en faisant la conversation, commander une bière mais n’en savourer vraiment que la première gorgée, les autres ayant moins de goût ; recevoir un invité surprise, sentir l’automne arriver et attendre avec impatience de ressortir les gros pulls d’automne… Je ne résiste pas à l’envie de vous faire lire intégralement l’un de mes passages préférés, dans lequel l’auteur, pourtant homme, a si parfaitement capté et su exprimer mes propres ressentis :

 

« Le pull d’automne

C’est toujours plus tard qu’on ne pensait. Septembre est passé si vite, plein de contrainte de rentrée. En retrouvant la pluie, on se disait « voilà l’automne » ; on acceptait que tout ne soit plus qu’une parenthèse avant l’hiver. Mais quelque part, sans trop se l’avouer, on attendait quelque chose. Octobre. Les vraies nuits de gel, dans la journée le ciel bleu sur les premières feuilles jaunes. Octobre, ce vin chaud, cette moleste douce de la lumière, quand le soleil n’est bon qu’à quatre heures, l’après-midi, que tout prend la douceur oblongue des poires tombées de l’espalier.

Alors il faut un nouveau pull. Porter sur soi les châtaignes, les sous-bois, les bogues des marrons, le rouge rosé des russules. Refléter la saison dans la douceur de la laine. Mais un pull neuf : choisir le nouveau feu qui va commencer de finir.

Dans des tons verts ? Un vert d’Irlande, pois cassé, brumeux, whisky rugueux, sauvage et solitaire comme les champs de tourbe, l’herbe rase. Mais roux ? Il y a tant de rousseurs, chevelures ophélienne, désir de goûter comme avant, pain-beurre - pain d’épice, forêts surtout, rousseur du sol, rousseur du ciel, insaisissables odeurs de foires et bois, de cèpes et d’eau. Et grège, pourquoi pas ? Un pull à grosse mailles, à croisillons, comme si quelqu’un avait encore le temps de tricoter pour vous.

Un pull très grand : le corps va s’abolir, on sera la saison. Un pull en creux d’épaule, en espérant… Même pour soi, c’est bon, cette façon de jouer la fin des choses ton sur ton. Choisir le confort des mélancolies. Acheter la couleur des jours, un nouveau pull d’automne. »

 

Et d’un seul coup, en le lisant, on se rappelle ces moments et toutes les sensations qui l’accompagnent. On se rend compte qu’en réalité il y a bien une sorte d’universalité qui nous lie, ces petits instants vécus, volés, constituent des points communs entre nous tous. Et partager ces moments ensemble, même par le biais des mots de Philippe DELERM, les ramènent à la vie. Et plus ils sont désuets ou insignifiants, meilleur c’est ! Les souvenirs jaillissent, les ressentis sont presque palpables à travers les mots.

 

 

Avec « Les eaux troubles du mojito », Philippe DELERM remet ça avec les petites choses du quotidien. Adepte de ce cocktail, je ne pouvais que céder à l’appel de ce nouveau recueil de sensations, où j’espérais bien retrouver les miennes, exacerbées car partagées avec le reste du monde, avec Philippe DELERM, avec vous. Il sait nous rappeler ces sensations perdues, oubliées, enfouies - ou simplement ignorées, laissées pour insignifiantes ; alors qu’en fait, toutes ces petites choses sont l’essence même de la vie. A l’aide d’un mojito, vous vivrez vos derniers soirs d’été en compagnie de vos amis, tenterez de prolonger cette soirée sur la plage qui se rafraîchit, goûterez à la chair fraîche et rouge de la pastèque, observerez en secret cette femme qui se remaquille… se sait-elle observée ? Et danserez à un mariage alors même que vous ne savez pas danser ! Ces moments m’ont particulièrement touchée.

 

Même si, selon notre âge et notre vécu, tous les récits n’ont pas le même impact sur chacun d’entre nous (on se sent toujours plus concernés par certains récits que part d’autres), Philippe DELERM sait capter les choses simples avec une justesse qui leur rend toute leur importance. Tout le monde peut se reconnaître dans ses propos et se sentir plus vivant et connecté à ce et ceux qui l’entourent, après cette lecture. On en ressort à la fois nostalgique et souriant, compris et surpris de l’avoir été. Plus réceptifs à ces petits moments et petites choses que l’on néglige trop souvent. Nos sens sont exacerbés ; On est prêts pour ressentir de nouveau. Etre attentifs de nouveau à ce qui constitue, tout simplement, les petits bonheurs accessibles de nos vies.

 

« Oui, la vie est une comédie légère, avec des gags, beaucoup de ridicules sociaux et de la solitude. Oui, les gens se dévoilent et ne commencent à s’aimer qu’à la fin, comme dans les pièces de Marivaux. Oui, l’été se ressemble. Oui, le matin la vie est neuve ; si bonne à boire quand on se lève le premier. On marche, on regarde la mer, on attend le café. On fait son film. »

 

Je vous invite donc à découvrir ces albums de moments et petites choses du quotidien si vous ne les connaissez pas encore : Vous avez le choix, il en a écrit un certain nombre sur diverses thématiques.  Contrairement à mes craintes, je ne trouve pas que le premier était le meilleur : Chaque opus possède son charme, il y a tant de moment à partager, et il en faut pour tout le monde ! C’est l’occasion de faire le plein d’instantanés, de petits bonheurs du quotidiens, des petits riens auxquels on ne prête pas ou plus attention et qui sont remis à l’honneur. L’auteur nous réapprend à écouter nos sensations, ne pas fuir la nostalgie, ne pas cesser de regarder, de ressentir, même les plus petites choses ou les plus banales et partagées ; Car ce sont justement elles qui font la vie, et ces petits points communs nous relient.

 

Avez-vous un passage préféré de ces livres ?

 

Ou si vous ne les avez pas lus, quelles sont les petites sensations toutes simples du quotidien que vous aimeriez partager ?

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