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J'ai reçu un Blogger Recognition Award de la part de GaetaneG, on fait tourner ?

Le 28 août 2018, 08:07 dans Livres 6

Malgré mes quelques mois d’absence ici, j’ai eu la gentille surprise d’avoir été nominée par GaetaneG pour ce tag. Pour mon retour sur la blogo, je me plie donc avec plaisir à cet exercice que j’avais un peu oublié.

 

 

Comment est né mon blog ?

 

Ce blog littéraire est issu de mon premier blog humeur, né il y a 8 ou 9 ans, où je publiais des articles sur les thèmes qui me tenais à coeur pour le plaisir d’en débattre ensuite avec les blogueurs ou visiteurs. J’ai eu la chance de rencontrer énormément de blogueurs et visiteurs géniaux qui aimaient échanger autant que moi.

 

Puis quand les aléas de ma vie perso ont redonné vie à mon amour pour la lecture - que je pensais oublié - j’ai plutôt eu envie de discuter de ce que je venais de lire ou ce que je pourrais lire après. Mais comme mes habitués n’étaient pas là pour ça, j’ai créé ce second blog, seul a avoir conservé une activité aujourd’hui et visant plus spécifiquement les amateurs de lecture.

 

Mes conseils aux blogueurs débutants ?

 

Quel que soit le sujet que vous abordez sur votre blog, soyez passionnés et vous serez passionnants.

Restez toujours attentionnés et à l’écoute de vos lecteurs, ils vous enrichiront énormément.

Quels que soient les blogs ou articles que vous lisez ou commentez, soyez mesurés et respectueux du travail et de l’opinion des autres, et vous serez rapidement acceptés sans problème.

Publiez ce que vous aimez quand vous en avez envie, mais ne vous forcez pas à publier du contenu pour faire du remplissage : La régularité c’est important pour se lier avec les autres, mais la qualité et la fidélité à ce que vous êtes demeure pour moi le plus important.

Soyez curieux, polis et surtout, amusez-vous ! C’est un passe-temps, votre vie n’en dépend pas ;-)

 

Les blogs et bloggeurs que je nomine à mon tour ?

 

Je suis de retour depuis quelques semaines seulement, et pas mal de blogs que je privilégiais il y a quelques mois sont apparemment en stand by pour le moment eux-aussi. Mais j’ai eu la joie de (re)découvrir de nouveaux blogs et bloggueurs dont j’apprécie particulièrement la lecture et/ou les échanges :

 

  • booksinthemoonlight : J’adore ce blog pour son univers fidèles à son nom (lisez la présentation de sa rédactrice) et pour la façon d’amener les article comme si nous papotions autour d’un thé, avec toujours beaucoup d’humour. Si les articles sont éclairants et sincères, les intro sont toujours drôles et mettent de bonne humeur !
  • Un fil à la page : Corentine rédige des articles très détaillés pour ceux qui aiment savoir dans quel roman ils vont tomber, qui vous aideront à vous faire une opinion assez précise du roman.
  • abracadabooks : Lucie sait toujours nous intéresser en formulant les problématiques qui ressortent de ses lectures afin que le thème en ressorte clairement, ce qui nous aide à identifier notre intérêt pour ses lectures.
  • charlotte parlotte : j’ai eu très peu d’échange avec cette blogueuse mais je lis consciencieusement ses articles depuis que j’ai pu constater qu’on a souvent les mêmes avis (détaillés, argumentés, et ressentis) sur des romans peu communs.
  • Comme dans un livre : Par des avis plus courts, Sandrine me sort un peu de mes sentiers battus en m’initiant à des lectures que je n’aurais pas forcément repérées. Sans trop en révéler, on sort de ses articles avec l’envie de feuilleter le livre… Ou pas.
  • Yuko : Des avis court mais précis et bien tournés, efficaces et solides. Une blogueuse discrète mais constante, avec qui j’aime beaucoup échanger et faire des lectures communes (il faut qu’on s’en refasse !!).
  • et GaetaneG fait partie des blogueurs avec qui j’aime partager la littérature, mais comme c’est elle qui m’a nominée j’en profite simplement pour la remercier une nouvelle fois et vous inviter à visiter son blog si ce n’est déjà fait.

 

Ok je n’en cite pas 15 mais je refais connaissance avec la blogo et ces blogs sont pour moi des valeurs sûres par rapport à mes goûts et avis.

 

Je vous invite à aller les découvrir ainsi que les personnes qui les tiennent. Leurs points communs selon moi sont leurs lectures intéressantes et diversifiées (souvent des romans car c’est ce que je privilégie, mais pas que), leurs avis efficaces et complets qui rendent bien compte de l’ambiance du livre, ses qualités ses défauts, et permettent de savoir si on va aimer ou pas indépendamment de leurs avis. 

 

Plus ou moins développés, argumentés, documentés, ou encore racontés, leurs articles sont pour moi des appuis sûrs pour effectuer mes choix, et j’espère que vous trouverez de quoi vous rassasier vous aussi.

 

N’hésitez pas à m’indiquer à votre tour vos blogs favoris, ça m’intéresse !

 

Les règles pour les nominés, afin de présenter votre Award, sont les suivantes - Cet article m’ayant surtout servi à vous faire découvrir des blogs intéressants, aucune obligation pour les nominés évidemment :

 

Écrire un article montrant votre Award

Dans cet article, remercier le blogueur qui vous a nominé et donnez le lien vers son blog

Décrire brièvement comment est né votre blog

Donner quelques conseils aux blogueurs débutants

Sélectionner 15 blogs qui selon vous méritent l’award

Allez écrire un commentaire sur chacun de ces blogs pour leur faire savoir que vous les avez nominés

Soyez inspirés pour profiter de chaque instant tous les jours de votre vie.

 

 

Et vous, quel est VOTRE blog ou blogueur fétiche du moment ?

« La grande course de Flanagan » (Tom McNAB) : Un chef d’oeuvre digne des « raisins de la colère »

Le 22 août 2018, 08:19 dans Livres 4

 

« Tout coureur, quelles que fussent ses aptitudes, émettait une affirmation personnelle à chaque fois qu’il courait. « Me voici », disait-il, « Voici ce que je fais. Je cours. C’est ce qui me rend différent. » 

 

C’est Sandrine qui m’a parlé de ce roman pour la première fois : Une grande course à pied organisée de Los Angelès à New York par un certain M. Flanagan, businessman, sur 5063 kilomètres à raison de 80 kilomètres par jours, 6 jours par semaine. Attirée par cette aventure en tant que sportive, je me demandais toutefois si mon intérêt pour ses coureurs et leurs aventures pouvait demeurer durant 650 pages.

 

 

« Quand on écrira un jour l’histoire de la Trans-America, elle sera à mi-chemin entre l’Odyssée d’Homère et Huckleberry Finn. »

 

Contre toute attente, mon intérêt n’a jamais faibli jusqu’à la fin. Tom McNab a signé un roman dans la lignée des "raisins de la colère" de Steinbeck : Tout comme pour le récit de ces agriculteurs américains migrant de petits boulots en petits boulots vers la terre promise, c’est la narration qui nous accroche et ne nous lâche plus : On VEUT savoir quelles aventures nous réservent les personnages profondément humains, comment chaque coureur va trouver les ressources en lui-même alors que les scientifiques prétendent que c’est impossible pour le corps humain, comment les coureurs ont pu avoir l’envie de tenter un tel challenge, mais aussi ce qui se cache derrière cette organisation complexe : Car pour traverser les villes, toute une logistique matérielle, des arrangements financiers et des magouilles politiques font que cette course ne tient qu’à un fil, prêt à se rompre à chaque ville-étape.

 

« Si vous tuez l’espoir, vous tuez la vie. » 

 

Si les coureurs tiennent à achever cette course, c’est qu’en 1930 aux Etats-Unis les temps sont durs dans cet entre-deux guerres : l’argent manque pour survivre, et tous courent au sens propre après les prix de cette course. Ainsi, les coureurs les plus motivés et résistants donneront tout ce qu’ils peuvent pour aider l’organisateur de la course à la maintenir en vie jusqu’à l’arrivée, même si cela signifie participer à des courses improbables contre des chevaux pour amuser la galerie, porter des t-shirt étranges, s’entraider dans le désert, mettre hors de nuire l’équipe arienne qui représente ce nouveau parti briguant le pouvoir allemand, et prétendant avoir mis au point des coureurs de race supérieure, ou encore traverser la ville d’Al Capone lui-même…

 

« Il faut mourir avant de pouvoir vivre ».

 

*****

 

Les aventures se suivent et ne se ressemblent pas, dans cette épopée fantastique qui n’a pas fini de vous surprendre. Chaque personnage, qui nous livre peu à peu son passé et ses raisons d’être ici, nous devient de plus en plus attachant. Même le grand Flanagan qui, pour sauver cette course de la débâcle financière, engage ses coureurs au-delà de leur seuil de tolérance… Et pourtant, tout au bout de cette course et au bout d’eux-mêmes, il ne restera que le meilleur, ce qui transcende tout le reste : l’humanité.

 

« On ne court pas seulement avec ses jambes. On court avec tout ce qu’on a. »

 

En bref, un chef d’oeuvre à côté duquel je n’aurait pas voulu passer. Ca tient parfois à rien de passer à côté de lectures marquantes comme celles-ci, publiées il y a longtemps, oubliées, rééditées heureusement. Un moment de lecture parfait où j’étais toute entière avec ces personnages, et que je vous recommande ! 

 

« Ne sommes-nous pas tous des athlètes qui marchons sur la route de nos vies ? Mais pouvons-nous regarder en nos coeurs et dire sincèrement, comme ces coureurs, que nous avions mis tout ce que nous avions dans notre course quotidienne ? Regardez dans votre coeur, regardez dans votre âme, et posez-vous cette question. » 

 

Connaissiez-vous ? Est-ce que ça vous donne envie de découvrir et faire découvrir à votre tour ?

 

Quel est le roman oublié que vous conseilleriez pour ne pas qu’il sombre dans l’oubli ?

« Mille petits riens » de Jodi PICOULT : Pour ne pas oublier que le racisme existe encore…

Le 2 août 2018, 10:08 dans Livres 4

Ca faisait longtemps que je voulais me plonger dans un second roman de Jodi PICOULT, ayant eu un véritable coup de coeur pour « Ma vie pour la tienne ». Cette année, son roman a pour objet un sujet difficile à traiter pour une blanche qui n’a pas à le subir au quotidien : le racisme. Comme l’explique l’auteure en postface, elle ne voulait pas le traiter sous un volet historique comme la plupart des romans, mais bien de nos jours. Les faits divers, mais aussi ses rencontres avec les premiers concernés ainsi que d’anciens suprémacistes l’y ont grandement aidé. Mais c’est encore une fois son talent et sa finesse qui en font une oeuvre réussie.

 

 

C’est l’histoire de Ruth, seule infirmière noire du service de maternité, exerçant dans cet hôpital depuis vingt ans. Appréciée de ses collègues, qui sont pour ainsi dire des amies, son talent est reconnu de tous. Elle possède une bonne situation dans un quartier blanc bourgeois où elle élève seule son fils de 17 ans, son père étant mort au combat pour son pays.

 

Elle a travaillé dur pour en arriver là : Sa mère était l’employée de maison toujours à disposition d’une riche famille blanche. Avec sa soeur Rachel, elles ont des parcours très différents. Beaucoup plus noire de peau, Rachel a subi plus que sa soeur les effets du racisme et de la discrimination, qu’elle ne cesse de dénoncer. Habitant un quartier noir assez peu sûr, elle mène une vie que comprend mal Ruth, qui a tout fait pour s’intégrer, être la meilleure à l’école, faire de bonnes études et offrir la même chose à son fils. Persuadée que, si tu donnes le meilleur de toi et fait tes preuves, la communauté blanche ne te rejettera pas.

 

Et elle y croit, jusqu’au jour où un suprémaciste blanc demande à sa supérieure de lui interdire de toucher son bébé. Alors le monde de Ruth s’écroule, elle est en colère mais ses collègues blanches ne la soutiennent pas, lui disent que ce n’est pas grave, une exigence d’un patient comme une autre. Et quand le bébé meurt pendant son service, ce n’est pas l’hopital, mais seulement Ruth, qui est poursuivie.  Le miroir aux alouettes vole en éclat : Pour la première fois, Ruth est ouvertement visée pour sa couleur de peau. Pour la première fois ? C’est alors qu’elle prend conscience des milles petits riens qu’elle ignore au quotidien pour avancer, mais qui la stigmatisent en permanence.

 

 

« Je sais ce que vous pensez en ce moment : Je ne suis pas raciste, moi. C’est clair, nous avons eu un exemple vivant de ce qu’est le vrai racisme, incarné par Turk Bauer. (…) Pourtant, même si nous décidions d’envoyer tous les néonazis de cette planète sur Mars, le racisme existerait encore. Parce qu’en réalité le racisme ne se résume pas à la haine. Nous avons des préjugés, même si nous n’en sommes pas conscients. »

 

Lors de son accusation, son avocate commis d’office lui affirme pourtant que, pour gagner son procès, il faut s’appuyer sur des éléments médicaux mais ne surtout pas aborder la couleur de peau en salle d’audience : Ca mettrait les jurés mal à l’aise, peut-être se poseraient-ils des questions sur eux et il n’aimeraient pas ça. Or, pour être acquittée, il faut plaire au jury…

 

*****

 

C’est un magnifique roman à trois voix que nous propose Jodi PICOULT : Nous écoutons alternativement Ruth, le skinhead, et l’avocate blanche (Kennedy) qui défend Ruth. Trois points de vue bien différents mais pas figés : Chacun, au cours du procès, va être amené à évoluer du fait des évènements. Même le skinhead - il n’est évidemment pas question de cautionner l’idéologie -, lorsque l’auteur nous met dans sa peau, parvient à nous expliquer l’immense désarroi à l’origine de ses convictions, révélant un fond d'humanité qu'on a envie d'exploiter pour changer les choses. Car souvent, l'élément déclencheur semble tenir à si peu de choses... Il est difficile pour le lecteur de pénétrer un tel milieu, mais l’auteur n’ôte jamais toute humanité à ses personnages, et c’est là tout l’espoir du roman.

 

Pendant ce temps, Ruth veut absolument aborder la question du racisme dans son procès, même si elle doit perdre, car elle est persuadée que c’est la seule raison pour laquelle est est accusée de meurtre. La relation entre Ruth et l’Avocate permet de dénoncer et de montrer ce racisme invisible pour un oeil blanc, mais composé de mille petits riens qui ébrèchent le quotidien des personnes de couleur.

 

- Est-ce que tu savais que, dans le Roi Lion, les hyènes, qui jouent le rôle des méchants, parlent toutes l'argot des Noirs ou des Latino-Américains ? Et que les lionceaux n'ont pas le droit d'approcher le territoire des hyènes ?

 

Il me dévisage d'un air amusé.

 

- Est-ce que tu as remarqué que Scar, le vilain de l'histoire, est plus foncé que Mufasa ?

 

- Kennedy.

Micah pose ses mains sur mes épaules. Puis il se penche vers moi et m'embrasse.

- Tu ne serais pas en train de dramatiser un chouïa ?

 

 

A cet instant précis, je sais que je vais remuer ciel et terre pour récupérer le dossier de Ruth.

 

Un roman magnifique, très réussi et bien traité. L'écriture est fluide, la construction extrêmement soignée, et l'auteure donne la parole à ses personnages au bon moment, ce qui fait de ce roman un page turner qui se lit d'une seule traite !

 

On se retrouve bourré d’humanité comme dans "Ma vie pour la tienne" même si selon moi il reste peut-être un cran en dessous en émotion. Et encore une fois, un procès parfaitement reconstitué où l’on voit l’importance de la sélection des jurés, de la stratégie des questions ou encore des thèmes à aborder ou non. A lire et à faire lire, sans modération !

 

Aimez-vous l’auteure ou souhaitez-vous la découvrir à travers ce roman et ce thème ?

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