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« Miss Cyclone » (Laurence PEYRIN) : Une petite douceur, pleine de vie et d'émotions

Le 7 septembre 2017, 22:02 dans Livres 7

« Peut-être que tu te dis que tu pourras voler.

Que pour toi, ce sera possible. »

 

Voici une envoutante lecture estivale qui allie ambiance rétro (en commençant dans les années 1980) et plus moderne (en s’achevant après l’an 2000). Car sous ses airs de bluette d’adolescentes du départ, avec son ambiance de fête foraine, de jeunesse new-yorkaise et de destins scellés, elle s’avère plus belle et profonde que prévu, et apporte une jolie lumière sur la vie.

 

 

« Tu crois qu’un beau souvenir est toujours accompagné d’une chanson ? »

 

Miss Cyclone c’est Angela, ado d’une famille d’immigrés italiens dont le père est mort et qui vit en HLM avec sa mère. Sa meilleure amie, June, vient d’une famille aisée et aime séduire pour compenser le peu d’intérêt que ses parents lui expriment. Angela est promise à Nick, fils d’Italien également dont le père leur lèguera ses auto-tamponeuses à leur mariage. Si June est un électron libre, Angela semble donc avoir sa vie toute tracée avant d’avoir pu l’expérimenter par elle-même et faire ses propres choix.

 

Un soir pourtant, lorsque Nick lui présente son nouvel ami Adam, il nous semble possible que la vie d’Angela prenne une tournure différente, une tournure qu’elle pourrait choisir et non se contenter de suivre… Mais John Lenon décède soudainement, et toute la jeunesse New Yorkaise se rassemble pour une veillée mémorable. Ce soir-là, la grande Histoire va contribuer à sceller la petite histoire d’Angela, pour le meilleur…, mais aussi pour le pire. Car les personnages subiront les conséquences de ce qui s’est passé ce soir-là encore bien des années plus tard, et parfois sans le savoir. Et sous le poids des non-dits et secrets, des vies pourraient bien voler en fumée…

 

« - N’en veux pas à Nick, murmura-t-elle.

- Quoi ? Non, étrangement, je n’en veux pas à Nick. J’en veux à la vie qu’on ne nous apprend pas. »

 

*****

 

Ce roman, c’est tout le poids de la famille, des secrets entre amis, mais aussi des simples non-dits. C’est une grande histoire d’amours et d’amitiés, mais aussi de trahisons forcées et de destins croisés. Ce que j’ai beaucoup aimé, et qui donne du relief à cette lecture, c’est que l’auteur met en perspective deux grands évènements de notre Histoire, avec les péripéties des vies de ces quelques personnages. Tout cela s’entremêle habilement, aidé par l’ambiance que l’auteur sait créer autour de ces années et de ces familles, puis par le suspense et la légère tension qu’elle sait faire monter jusqu’au final en apothéose. 

 

Il fallait de l’imagination et assez de talent pour se servir de ces deux évènements, et surtout du 11 septembre 2001,  pour monter une histoire qui ne soit pas clichée ni ne sacrifie la psychologie des personnages. Les réflexions et sentiments des personnages sonnent juste, ni trop ni trop peu. Les dialogues ont souvent raisonné en moi, soit que je les ai trouvés vrais, soit qu'ils m'aient réellement émue sous leurs airs de légèreté. Au total, j’ai été très agréablement surprise par cette histoire et par la manière de la raconter : Je m’attendais à quelque chose de convenu et j’ai trouvé presque un coup de coeur.

 

« On devrait tous avoir deux vies. On se trompe toujours dans la première. »

 

Qu’en avez-vous pensé ? Allez-vous lire cette petite madeleine estivale pendant l’été indien, pour prolonger les beaux jours ?

« La salle de bal » de Anna HOPE : Encore un beau spécimen de cette rentrée littéraire !

Le 6 septembre 2017, 10:03 dans Livres 7

C’est d’abord le titre qui m'a happée. Puis le nom de l’auteure m'a rassurée. Enfin, le thème m'a confortée dans l’idée que je devais lire ce livre et surtout que j'allais l’aimer. 

 

 

L’histoire se déroule en Irlande en 1911, dans un asile d’aliénés. En suivant un patient déjà à l’intérieur (John), une patiente qui y arrive tout juste (Ella) et un médecin qui y exerce (Charles), nous obtenons une idée très précise de ce qui s’y passe, à une période où la supériorité de la race humaine est une question qui préoccupe la société.

 

On se pose la question de la survie des êtres humains dit « supérieurs » s’il doivent subvenir aux besoins des aliénés, surtout si ces derniers se reproduisent… Doit-on alors enfermer tous les êtres humains « inférieurs » et procéder à la ségrégation très stricte entre homme et femme, ou bien plus radicalement encore les stériliser d’office pour qu’ils ne se reproduisent plus ?

 

En tant que Médecin, Charles aime à penser qu’il existe une troisième voie, celle de « guérir » les patients pouvant l’être, de les élever pour les réadapter à la société, en fonction des raisons qui les ont amenés à l’asile. Il pense cela possible avec certains patients et veut être le premier à tester sa méthode : La musique. Chaque vendredi, il organise un bal à l’asile et autorise ses patients les plus réceptifs à y participer. John et Ella s’y rencontrent, mais s’ils commencent à ressembler à un couple, comment va s’achever l’expérience du Docteur Charles…?

 

*****

 

On se prend immédiatement au jeu de ce « vol au-dessus d’un nid de coucou » à l’anglaise. Si ce dernier nous amenait à réfléchir sur les méthodes de traitement « choc » employées pour « soigner » la folie, « La salle de bal » insiste sur les idées eugénistes de l’époque, avec l’influence des théorie Darwinistes. 

 

Le sujet est très bien amené par l’auteure, l’ambiance très bien posée, les personnages rapidement attachants. Ce second roman de Anna HOPE est extrêmement confortable dans son ambiance anglaise, irlandaise ; Il est également intéressant pour la question de l’eugénisme dans le milieu des aliénés en 1911, et intriguant par la façon qu’a l’auteur de nous présenter ses personnages. 

 

Comme prévu, j’ai adoré cette lecture même si la tension du départ m'orientait vers une fin moins convenue. Les romans de Anna HOPE sont pour moi les romans par excellence où tout y est, le lecteur n’a plus qu’à se laisser porter. Je suis complètement absorbée par ma lecture, immergée, je ne veux plus en sortir, je ralentis pour ne pas encore finir cette lecture et prolonger ce moment…

 

Un très bon moment de lecture... 

 

Mais peut-être l’avez-vous déjà lu et aimé ?

Connaissez-vous son premier roman ? Je vous en parle très bientôt !

« Le jour d’avant » (Sorj CHALANDON) : Mon coup de coeur de la rentrée littéraire 2017

Le 8 août 2017, 09:30 dans Livres 8

Salut les petits loups !

 

Comme le temps est de circonstance, je reviens vous parler d’un roman de cette rentrée littéraire qui m’a marquée, et qui sortira le 16 août 2017. Pour conserver les sensations qu’il devra provoquer chez ses lecteurs, je ne vais pas raconter beaucoup de son histoire. En revanche, je veux surtout vous inciter à ne pas vous décourager à la lecture du thème. Personnellement, le thème des mines me rappelait Germinal (le grand classique de Zola, que je n’ai toujours pas lu…) et me paraissait trop sombre pour moi. Heureusement, une libraire formidable m’a donné envie de le lire. 

 

 

Le narrateur est Michel, fils d’agriculteur dans une région minière. Comme toutes les familles de ces régions, la famille de Michel compte des mineurs qui sont morts de leur métier. Non seulement celui-ci est pour le moins difficile pour les organismes, mais en outre, les cadences imposées sont infernales, et nécessitent souvent de passer outre les mesures de sécurité. Ainsi, lorsque Joseph, le grand frère de Michel, annonce qu’il a été recruté à la mine, ses parents sont effondrés. Et effectivement, quelques mois après son embauche, alors que la veille encore Joseph et Michel s’octroyaient une balade à moto entre frères, une explosions fait 42 morts à la mine où Joseph travaille. Joseph meurt quelques jours plus tard de brûlures à l’hôpital. Peu après, n’ayant pas supporté la mort de son fils, le père se suicide.

 

Un chapitre sur deux, nous retrouvons Michel en 2014, et voyons l’impact de la mort de son frère sur le reste de sa vie. 40 ans plus tard, alors que sa femme vient de mourir, Michel est toujours obsédé par le sentiment que la mort de son frère est injuste, et qu’elle n’a pas été reconnue à sa juste valeur. En effet, étant mort après les autres, il n’a pas bénéficié des hommages nationaux pour son enterrement. C’est comme si personne n’avait reconnu la responsabilité de la mine dans sa mort, alors qu’il lui avait donné sa vie. Plus grave encore aucun responsable n’a été désigné et condamné pour cette catastrophe.

 

Alors Michel est déterminé à obtenir un procès, un coupable. Et une condamnation. Et comme la voie traditionnelle est inaccessible après toute ces années, il élabore un plan désespéré pour tenter de trouver une fin à ses tortures… Mais je ne peux hélas pas plus  en discuter avec vous, car c’est là que l’auteur montre son talent.

 

*****

 

Dès les premières pages, l’écriture fluide rend l’histoire hyper abordable ; Ensuite, le fait que l’auteur ne nous enferme pas dans les mines avec ses personnages rend l’histoire respirable et moins sombre que prévue. Enfin, l’alternance d’un récit d’une famille de minier des années 1970 avec le récit de cette même famille dans nos années actuelles crée un certain suspense et attise notre curiosité. L’ensemble est intéressant tant culturellement que psychologiquement, car l’auteur nous apprend une époque, nous présente des gens extrêmement vivants, nous tient en haleine avec son intrigue principale, trompe le lecteur trop prompt à conclure, bouscule nos certitudes puis, enfin, nous achève avec une myriade d’émotions, nous réservant un final puissant et de toute beauté, qui ne manquera surement pas de vous remuer !

 

Tout est subtile dans ce roman, jusqu’au choix du titre qui, s’il semble bateau de prime abord, se révèle être le noeud de l’histoire, son point de bascule ; Le repère du lecteur attentif. Celui-ci dispose de tout un tas d’indices minuscules, de signaux d’alarme discrets qui cimenteront plus tard les pièces du puzzle quand elles commenceront à s’assembler… J’aime ces livres qui nous obligent à nous repasser le film de notre lecture pour tout remettre en perspective. Parfois, nous lisons trop vite, nous jugeons trop vite, nous condamnons trop vite. Merci à Sorj CHALANDON pour ce beau rappel.

 

 

Lisez-le ! Et revenez m’en donner des nouvelles !

 

Et vous, avez-vous trouvé une pépite dans cette rentrée littéraire ?

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