Ce roman, magnifique et innovant, est l’histoire de Tom BARNES, soldat de l’armée britannique sous le matricule BA5799. Il part en mission dans un désert en guerre, où nous le suivons, mais explosera sur une bombe, obligeant le corps médical à l’amputer.

 

Toute l’originalité et la force du roman sont dans le récit : L’auteur, lui-même ancien soldat britannique, a choisi des témoins très particuliers : Les objets qui l’ont entouré de près ou de loin au combat, ou qui l’entourent encore dans sa nouvelle vie. Une vie sans jambe, qu’il doit apprendre à apprivoiser. Une nouvelle vie dans laquelle il doit se retrouver, se réapprendre, survivre au regard des autres.

 

 

Si j’avais peur de tomber dans un récit un peu facile et superficiel du fait des points de vue choisis (des objets), ce fut tout l’inverse. J’ai été bouleversée par la plume de l’auteur, les mots, personnages et événements exploités à leur maximum. 

 

Tom est un capitaine attachant. Il se rend compte qu’il ne pourra pas toujours échapper aux risques du terrain comme il en a eu la chance jusqu’à présent, que ça n'arrive pas toujours qu'aux autres comme on voudrait le croire très fort. Si au départ il lui tarde d’aller au combat avec ses hommes, il est à présent impatient de rentrer chez lui retrouver ses proches. Mais le destin le rattrape plus vite que prévu lorsqu’il explose sur une bombe ennemie.

 

A l’hôpital, Tom est fort et s’efforce de le rester même dans ses moments de lassitude, de peur, de doute ou de douleur. Les objets qui en sont témoins, quant à eux, même les plus douloureux pour Tom, sont dotés d’une extrême sensibilité qui vous touchera à chaque mot, presque comme s’ils étaient conscients et même s’excusaient, pour certains, de leur rôle dans ce récit.

 

Certains objets témoignent du présent de Tom à l’hôpital, après ses blessures ; D’autres au contraires témoignent de cette guerre dans le désert, des événements qui ont conduit Tom jusqu’à l’explosion ce jour-là. Loin des clichés auxquels je m’attendais et que je craignais, les objets nous confient vraiment toutes sortes de moments privilégiés au sein de la population locale, du camp militaire, des opérations, des familles restées au pays, des médecins et hôpitaux, des amis devant participer au préapprentissage de la vie de Tom.

 

Et puis, si certains objets racontent factuellement, d'autres s'adressent directement à Tom en lui parlant, comme cette infection venue du désert et qui se propage en lui, et dont le texte est particulièrement touchant.

 

Grâce à cette diversité de points de vue, nous pénétrons au plus profond de toute chose et de toute âme : un sac main de sa maman, ses chaussures militaires, sa radio de transmission, le fusil de l’ennemi qui lui tire dessus, la sonde urinaire qui l’accompagne durant trois semaines d’opérations diverses à l’hôpital, le garrot qui lui sauve la vie après l’explosion, le tapis d’habitants du désert avec qui il doit négocier durant sa mission, ou encore la bombe qui l’a fait sauter, sa nouvelle prothèse, etc…

 

Ne vous êtes-vous jamais dit que si les objets qui nous entourent pouvaient s’exprimer, ils en auraient de bonnes à raconter ? Eh bien Harry PARKER les fait parler, sans tabou mais avec respect et pudeur, tout au long de ce roman plein de force et de sensibilité mêlées, garanti sans pathos

 

Au total, ce roman est donc une expérience très marquante et hautement réussie, que je recommande chaudement. Un belle façon de rendre hommage aux populations en guerre mais surtout à nos hommes et femmes qui partent en guerre pour nous protéger et en reviennent forcément meurtris, de quelque manière que ce soit ; Que l’on ne sait pas toujours aider mais à qui l’on pense très fort.

 

Qu’est-il vraiment arrivé au soldat Tom BARNES, BA5799 ? Va-t-il s’en relever et comment ? Vous ne le saurez exactement qu’à la fin. 

 

L’expérience vous tente ?