« Elle n’était pas la seule à avoir échoué à l’hôpital. D’après ce qu’elle avait compris, on dénombrait ce matin trois fractures - une cheville (Madeline), une clavicule (Jane), un nez (Geoff, qui ne payait pas cher sa liaison avec la nounou) - trois têtes filées (Graeme, qui avait également couché avec la demoiselle), trois coquards, deux vilaines entailles qui avaient nécessité des points de suture, quatre-vingt quatorze maux de tête et…

 

Un mort. »

 

Déjà adapté en série, ce roman est l’histoire des habitants de Pirriwie (banlieue de bord de mer) qui, comme le titre l’indique, ne sont pas tout à fait ce qu’ils semblent être en public : Chacun a ses petits secrets, et ses mensonges pour les conserver… 

 

 

 

 

Dans ce roman, Liane MORIARTY a bâti son intrigue autour de l'école du village, qui concentre l'énergie des parents à s'y faire refléter l'image qu'ils veulent donner de leur famille. La question est : Que dissimule le verni que chacun affiche en venant chercher ses enfants à l’école, ou en se liant d’amitié avec d’autres parents ? 

 

Dès les premières lignes, l’un des parents d’élèves de maternelle vient justement de trouver la mort lors d’une fête de l’école, dans des circonstances pas très nettes. Une enquête est ouverte. Parmi tous ces parents aux vies de rêve, qui a pu provoquer ce drame et pourquoi ?

 

Pour répondre à cette question, Liane MORIARTY alterne entre récit des six derniers mois et extraits d’interrogatoires de police. 

 

 

Nous suivons plus particulièrement trois familles : 

 

. Celle de Céleste et Perry, le couple modèle à la beauté irréelle et aux finances sans fond, dont la vie parfaite est régulièrement punaisée comme une vitrine sur Facebook. Pourtant, Céleste a souvent l’air dans ses pensées et Perry est toujours en voyage. Sont-ils si heureux qu’ils en ont l’air ? Cette année, leurs deux jumeaux entrent à l’école maternelle avec les enfants de Madeline.

 

. La famille de Madeline et Ed, son nouveau mari. Leur fille entre à l’école maternelle cette année, mais ils doivent aussi compter avec la présence d’une ado rebelle : Abigail, la première fille de Madeline issue de son premier mariage avec Nathan. Celui-ci a d’ailleurs aménagé tout près avec sa nouvelle femme, et sa fille qui entre également à la maternelle… La petite famille recomposée parfaite. Ou pas ?

 

.  Enfin il y a Jane. Tout juste arrivée en ville, elle élève seule son petit Ziggy. Ce dernier ne connait pas son père, et Jane refuse d’en parler car sa conception, comme elle le livrera à ses amies Céleste et Madeline, s’est faite dans la violence. La violence se transmet-elle dans les gènes, ou dépend-elle de l’éducation, que l’amour que l’on reçoit, du modèle et de l’exemple que l’on nous donne ?

 

 

Autour d’elle grouillent l’effervescence des sorties de classe, les rumeurs sur les uns et les autres, les problèmes des enfants dans leurs relations à l’école, etc…

 

Petits enfants, petits soucis ? C’est ce qu’on voudrait leur faire croire… Mais quand Liane MORIARTY remonte le temps jusqu’à la fameuse catastrophe, on se rend compte que chaque acte provoque des failles en nous, prêtes à se révéler au moindre accroc. Jusqu’à ce que la goutte d’eau fasse déborder le vase, posant la vraie question sous-jacente : Est-on toujours assez attentif aux failles et problèmes des autres ?

 

*****

 

J’ai a-do-ré ce roman : La plume est enlevée, acérée, drôle ; Le scénario est extrêmement bien ficelé, le découpage du récit est idéal pour donner une vision globale de l’histoire et les personnages sont vraiment bien étudiés et décrits.

 

On entre immédiatement dans leur univers pour ne plus vouloir le lâcher. Malgré des révélations et péripéties régulières qui nous divertissent, le suspense de la mort est maintenu jusqu’à la fin grâce à des prises de conscience de dernière minutes.

 

Avec sa dose de légèreté et un ton enlevé, ce roman n’en aborde pas moins de multiples thèmes sérieux de la vie de couple et de famille, que je ne peux pas tous énumérer sans révéler une partie des secrets…

 

 

J’y ai découvert des personnages et histoires façon Desperate Housewives, que j’ai eu beaucoup de plaisir à côtoyer.

 

Bref, si vous avez envie de gratter sous le verni bien lisse d’une petite banlieue chic, et de découvrir des personnages aussi intéressants qu’attachants, je vous conseille ce roman !

 

 

Quand l’auteure avait écrit « Le secret du mari » il y a quelque temps, encensé par ma libraire, j’étais dubitative et pensais à un énième livre sur le thème des secrets dans le couple. Mais s’il est aussi bien écrit et scénarisé, c’est sûr : Je le lirai !

 

Avez-vous lu l’un de ces deux romans ?

 

Peut-être connaissez-vous la série issue de ce roman ? L’avez vous aimée ?