Quoi de mieux pour découvrir cette guerre que de la découvrir à travers le roman d’un auteur qui l’a vécue ? William MARCH était, en effet, un marine américain appelé en soutien des troupes françaises dans les tranchées et plusieurs fois décoré. Mais, saisi par la stupidité et l’horreur des guerres, il a voulu ici les exposer dans leur globalité et non faire valoir sa propre expérience en particulier. Pour cela, il fait raconter son récit par tous les soldats de cette « compagnie K », inventée pour l’occasion mais inspirée de tout ce qu’il a vécu et entendu sur place.  

 

 

Il nous offre ainsi les témoignages de fiction, mais issus de sa propre expérience, des marines américains déployés dans les tranchées. On obtient alors une vision globale de cette guerre, très enrichissante car il parvient à rendre le vécu de chaque soldat à la fois universel et très personnel. Peu importe la guerre ou le soldat, seules demeurent l’horreur et la sensation que s’entretuer est contre nature. 

Du fait de ce mode de narration, on ne s’attache pas à un seul héros durant le roman, dont les mésaventures ou la mort nous ferait pleurer. On découvre au contraire de courtes expériences de deux pages par soldats. Cela rend la lecture plus légère et abordable même par les âmes sensibles et, de ce fait aussi, tout pathos est banni. Au départ, je me suis même dit que la lecture était presque trop aisée avec ce processus : On ne ressent pas avec chaque soldat l’horreur de ce qu’il vit puisqu’on n’a pas le temps de le connaître, de s’attacher à lui. 

Mais très vite, c’est à l’unité que l’on s’attache, à ces soldats que nous côtoyons tour à tour et aux autres qui, comme eux, se battent sur le terrain. C’est au fil de chaque histoire individuelle que se tisse l’histoire commune de cette guerre des tranchées, des soldats au front, de leurs familles, de leur retour après l’armistice avec leurs cicatrices, leurs membres en moins, leur âme chamboulée. Autant de stigmates avec lesquels ils doivent vivre, même quand ceux qu’ils aiment les rejettent…. Et c’est donc au fil de notre progression que nous saisissons toute l’ampleur du drame de la guerre. 

D’après mon mari, c’est la même sensation qui ressort de la lecture des « Paroles de Poilus » (que j’ai toujours voulu lire mais malheureusement jamais lues…) diffusées dans les années 90 sur Radio France, puis mises sur papier sous la direction de Jean-Pierre GUENO.Est-ce que vous connaissez et est-ce que vous me le recommandez ? 

Au total, William MARCH parvient très bien à nous attacher à son histoire, ses personnages et, plus important, son propos. Sans jamais trop en faire, ce livre peut être instructif, émouvant, choquant, et des tas d’autres choses pour chacun d’entre vous. Je vous conseille ce classique américain et n’hésitez pas à me dire si vous avez aimé ce procédé de récit. D’autres classiques marquants ou indispensables à me conseiller sur ce thème ?