Un roman américain, le milieu de la justice, les destins d’hommes et femmes qui se croisent : Je devais absolument découvrir ce roman qui avait tout pour me plaire. Et c’est mission réussie pour Tim WILLOCKS, qui nous fait vraiment pousser les portes du pénitencier de Green River pour y pénétrer au plus profond : Dans les cellules avec les prisonniers, mais aussi jusque dans ses égouts et recoins secrets.

 

 

L’histoire débute avant la révolte au sein de ce pénitencier de haute sécurité, parmi les détenus les plus dangereux de l’Etat du Texas. Nous assistons ainsi aux multiples raisons qui peuvent faire basculer chacun de ces hommes - prisonniers et personnel carcéral compris - dans une folie meurtrière. Entre le sida qui circule, les haines raciales existant entre les blocs de prisonniers, l’argent, la drogue, les petites humiliations, les grandes vengeances, mais aussi - étonnamment - l’amour… Qu’est-ce qui va constituer le déclencheur de cette révolte qui tourne en règlement de compte puis en prise d’otage ? Et surtout, comment les règles de sécurité ont pu être contournées et ne pas suffire à enrayer un évènement de cette ampleur ?

 

Bientôt, les lumières sont coupées, un incendie se déclenche, les grilles des cellules s’ouvrent… Et les règlements de comptes commencent. L’étonnant personnage du Directeur distille son point de vue sur la situation, mais c’est aux côté de Klein, un prisonnier médecin condamné pour viol, que nous allons vraiment pénétrer ce monde obscur et dur, parfois obscène et souvent violent. Car même si Klein a pour devise de ne se mêler de rien pour obtenir sa conditionnelle, il apprend rapidement que la psychiatre pour laquelle il a un faible se trouve au coeur du règlement de compte sanglant de ce pénitencier littéralement à feu et à sang. Petit à petit, au fil des actes, pensées et confidences de chacun, nous apercevons avec Klein l’engrenage qui a lentement mené à cette situation. Et nous tentons d’y mettre fin.

 

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J’ai beaucoup aimé découvrir cet univers - certes dur et violent, mais aussi très humain et réaliste. Bien sûr, les détenus sont extrêmement crus et virulents, parfois vulgaires, mais exprimer leur haine ou leur ras le bol est la seule liberté qu’ils possèdent dans cet endroit où les limites sont partout. Leur seul défouloir.  Puis tout d’un coup, les grilles s’ouvrent et il n’existe plus de limites : Tout explose donc sous nos yeux, les rancoeurs, les violences, les haines, les vengeances, les meurtres, les viols.

Mais c’est également dans le même temps une implosion d’humanité, de courage, de clairvoyance qui surgit là où on ne l’attend pas, au coeur de certains hommes qui se révèlent profondément dans cette épreuve. Au milieu du chaos dans lequel la garde républicaine ne peut pas encore pénétrer, une minorité d’hommes se forme qui va tout faire pour mettre un terme à tout ça et, surtout, sauver la psychiatre.

 

Je vous recommande chaudement ce roman au scénario bien ficelé, dans lequel on ne s’ennuie pas et qui nous fait découvrir à la fois le milieu carcéral et le coeur des hommes qui le composent.

 

 

Avez-vous des conseils de lecture dans ce milieu peu répandu ?