Qui l’eut cru : j’ai encore aimé un roman classé « jeunes adultes » ! « Nos faces cachées » raconte l’histoire de Fern Taylor, jeune lycéenne américaine presque invisible aux yeux des garçons, ayant un appareil dentaire et un cousin de son âge atteint de la myopathie de Duchenne de qui elle doit s’occuper. Elle est secrètement amoureuse d’Ambrose, le bel Apollon du lycée, champion de lutte, beau à couper le souffle, qui bien sûr la remarque à peine. Non pas qu'Ambrose soit un branleur sans cœur, mais il se fait discret car il subit énormément de pression avec les championnats de lutte. Quand Fern accepte à contre coeur de lui écrire des lettres d’amour pour le compte de sa meilleure amie,  elle se rend compte qu’elle-même et Ambrose ont plein de choses en commun même s’il ne peut encore s’en apercevoir

 

 

Le début nous plonge donc dans des histoires de lycée classiques (qui m’ont fait peur au début)… Jusqu’à ce qu’un certain 11 septembre passe par là… Et si ce jour les marque tous à l’école, il marque particulièrement Ambrose dont la mère travaille dans les tours. Alors, rien ne sera plus jamais pareil. Bien sûr, l’année s’achèvera au rythme des fêtes, des amourettes, des bagarres et du bal de fin d’année ; Mais viendra le moment décisif de l’orientation : Ambrose et ses amis auront alors le choix entre intégrer une bonne université, à condition de vouloir encore supporter la pression autour du sport, ou bien de fuir tout cela pour rendre utiles ces années de lutte en s’engageant dans l’armée.

Mais comme les prévient un professeur ayant vécu la guerre du Viêt-Nam, les plus heureux sont ceux qui n’en reviennent pas. Alors Ambrose reviendra-t-il ? Et si oui… Dans quel état ?

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Mon Dieu que ce livre est beau ! Certes, il met en scène de jeunes adultes auxquels on pourrait craindre de ne plus s’identifier en grandissant, mais pourtant tout fonctionne et l’on se retrouve assez bien dans cette génération à la fois moderne et aux airs d’insouciance, mais qui finalement se sent très impliquée et investie d’une mission plus grande. Certains aspirent à une famille heureuse mais même pour cela ils devront se battre, certains obtiendront en partie ce qu’ils veulent, d’autres non. Certains en reviendront, d’autres pas. Tous ces jeunes personnages ont en tous cas des blessures physiques ou morales, des épreuves plus ou moins importantes à dépasser.

J’ai bien sûr adoré le retour de la bête vers la belle, où les personnages à fleur de peau et leurs émotions exacerbées sont juste sublimes.

Il se passe vraiment beaucoup de choses dans ce roman : une multitude d’anecdotes et de personnages le rendent extrêmement riche sans jamais nous perdre. On en tire des leçons, on apprécie l’humanité qui s'en dégage en permanence, on subit avec eux les moqueries, les doutes et les deuils : De leur propre personne, de leurs amis, de leurs enfants ou de leurs parents. Surtout, on voit les personnages évoluer et l’on grandit avec eux. C’est beau, ça fait sourire, ça émeut, des jeux récurrents viennent les sauver du naufrage, on aime avec eux, on vit avec eux, on a peur pour eux… Rien n’est superflu, les accélérations interviennent au bon moment, tous les moments choisis qui nous sont révélés ont leur utilité à un moment où à un autre de l’histoire. Que de beaux passages !

Le « roman phénomène de l’auto-édition » n’est pas phénomène pour rien : Il est vivant et touchant, et s’il nous fait autant vibrer, c’est probablement parce que l’auteure s’est inspirée des gens et expériences qui l’entourent. Toutes ces émotions se ressentent à la lecture : Un livre magnifique que je vous conseille !