J’ai souvent peur d’être déçue par les histoires avec les chevaux, par crainte qu’elles manquent de réalisme, ou encore de passion. Mais les masses critiques de Babelio sont aussi là pour tenter, alors j’en ai profité. D’autant que Cecily Von Ziegesar est cavalière, et qu’elle est l’auteure de Gossip Girl, qui a rencontré un grand succès. Un intermède agréable dans ma lecture de mille pages dont je vous parle bientôt. 

 

 

L’auteure choisit de nous plonger dans la jeunesse dorée new-yorkaise avec Merritt, 16 ans. Du fait d’un double deuil mal vécu, et du manque d’amour de la part de ses parents qui ont tendance à prendre plus de temps pour eux que pour elle, Merritt va fuguer le jour de ses examens d’entrée à la fac. Débordés par la situation, ses parents la placent dans un centre spécialisé pour jeunes à problème, où la rééducation se fait par les chevaux. 

Il se trouve que dans ce centre est aussi hébergé Red, un poulain de course réformé pour avoir provoqué un accident sur la piste qui est aussi mal dans sa tête que l’est Merritt. Mal aimé et mal traité par les cavaliers qui ont tenté de l’approcher par la suite, Red s’est renfermé sur lui-même et a décidé de ne plus aimer les humains : Il sème donc la panique partout où il passe, mordant, tapant, ruant, ouvrant les boxes etc… Ces deux-là vont se comprendre et se soigner au-delà de toute espérance ; Enfin ça, c’est ce que l’on croit... 

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Peut-être ne le savez-vous pas, mais mon premier choix de métier était l’équithérapie (le fait que Word ne connaisse pas ce mot est extrêmement révélateur…). Du coup forcément, l’histoire m’intéressait. Elle a le mérite de faire connaître le principe de guérison au contact de cet animal, qui ne vous juge pas mais est le miroir de vos émotions, et se comporte avec vous de la manière dont vous le traitez. Sans parole mais avec beaucoup d’affection, il donne les leçons de vie qui s’imposent, aide à resocialiser les personnes, à réapprendre la patience et beaucoup d’autres qualités, comme le respect de l’autre puisqu’il demeure le plus fort. 

« Ici, à Good Fences, nous progressons à petits pas, a-t-elle continué. Nous appelons ça des étapes. Pour franchir à cheval une série de barres, la seule manière de vous y prendre consiste à les sauter l'une après l'autre. Je pense que Merritt sera énormément boostée dès lors qu'elle aura nouée un lien avec l'un de nos chevaux. A son arrivée, chaque jeune fille a un amour-propre au plus bas, puis cet animal magnifique, ce gentil géant, la choisit comme amie et confidente. L'impact est immédiat. Et puis, il y a les corvées quotidiennes à l'écurie. Toutes les responsabilités qui accompagnent l'entretien d'un cheval. Cela représente beaucoup de travail, mais procure aussi un bien immense. » 

Le petit plus de l’histoire, c’est que l’auteur alterne les chapitre racontés par Merritt et ceux raconté par Red : Car oui, Red a la parole et nous avons l’immense privilège de nous balader dans sa tête, de pouvoir alors saisir les pensées et sentiments qu’il ne peut exprimer par la parole et qui, souvent, le rendent illisible et inquiétant aux yeux des profanes. Bien sûr, ce faisant, l’auteure lui prête des pensées d’humain ; Mais en même temps, c’est tellement proche de l’idée que tout cavalier peut se faire des pensées de son cheval sans en avoir conscience, que ça se lit très bien. D’ailleurs, l’auteure en joue en prêtant une touche d’humour et de mélomanie à Red qui nous le rend encore plus sympathique.  

Il est également très touchant de voir Merritt et lui se rapprocher, dès que Merritt le voit enfin comme un être doté de sensibilité et non comme un objet synonyme de corvées. Percevoir que Merritt le respecte et prend soin de lui donne à Red envie de se faire aimer d’elle pour rester son cheval. Merritt quant à elle ressent enfin de l’affection. Elle parvient alors à s’ouvrir à Red ce qui permet à la thérapeute de l’aider. Ensemble, ils rafleront tous les concours. Jusqu’au jour où Merritt va rencontrer un autre cavalier, Carvin, qui va la déconcentrer un peu… et faire ressortir de vieux démons tout justes enfouis. 

Je ne vous en dis pas plus sur cette histoire, dont j’ai aimé autant le scenario que la manière de le raconter et même la transcription des ambiances de concours et des attitudes très plausibles de chacun. Ca reste un livre de détente dont le ton est léger, mais qui aborde parfaitement des sujets plus profonds en brossant des portraits de personnages très réussis. J’ai juste été un peu frustrée par la fin, qui a pourtant le mérite de clore l’histoire par de l’espoir et sans eau de rose :  Parce que je m’étais attachée à Carvin (et que mon cœurs de midinette commençait à avoir certaines attentes) et qu’après l’hécatombe qu’on venait de vivre, j’aurais apprécié un beau bouquet final… A part ça, si vous cherchez un livre de détente, c’est un agréable moment de lecture (3/5) !