Je vous retrouve pour mes lectures de plages… Qui ne sont pas du tout celles que j’avais prévues ! Ces vacances m’ont donné l’occasion de découvrir cet auteur que tout le monde adule, mais à travers un titre qui interpelle et que je n’ai encore jamais croisé sur la blogo.

 

 

Une jeune femme se fait exploser dans un restaurant de Tel-Aviv. On demande au Docteur Amine, un chirurgien respecté, d’identifier le corps de sa femme qui se trouvait dans ce restaurant. Mais au vu des blessures de sa femme, la police détermine rapidement que c’est elle qui est à l’origine de l’explosion. Amine ne peut et ne veut pas croire une telle chose, il répète qu’il connait sa femme, qu’elle n’avait aucune raison de le faire…  

« Je veux seulement vivre ma part d’existence sans être obligé de puiser dans celle des autres. Je ne crois pas aux prophéties qui privilégient le supplice au bon sens. » 

Pourtant, les éléments de la police sont troublants et soulèvent en lui un tas de questions. Comment partager le quotidien et l’intimité de quelqu’un sans rien savoir de ses véritables cicatrices, ambitions, ni même de son véritable emploi du temps, démonté pièce par pièce par les forces de l’ordre ? Qui sont ces gens avec qui la femme d’Amine a été vue à Jérusalem ? Pourquoi sa propre famille sur place ne l’a pas prévenu ? Sont-ils aussi islamistes, ou bien intégristes ? Comment peut-on vivre avec une personne et ne pas voir ou sentir arriver une telle métamorphose ? 

Pour tenter de comprendre la vérité choquante qu’il entrevoit, Amine devra aller au cœur du conflit rencontrer les gens qui, peut-être, auront pour lui des débuts d’explications lui permettant de faire son deuil. 

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L’auteur parvient assez bien à nous plonger au cœur du problème même sans connaissances particulières de ce conflit. On ressent le désarroi d’Amine, son incompréhension et son besoin de réponse. On comprend aussi les besoins de la police de l’interroger, fouiller sa vie pour être sûr qu’il ne savait rien des projets de sa femme. L’immersion à Jérusalem est tout aussi intéressante car on entrevoit les raisons d’un tel engagement, même s’il nous paraît fou et non adapté, et les racines profondes et douloureuses du conflit qui a fait naître divers niveaux de rébellions. J’ai assez bien aimé la façon dont l’auteur a traité ce sujet complexe et difficile, et entendre les arguments des uns et des autres. J’ai aimé aussi Amine, qui prend conscience de certaines choses qu’il avait préféré occulter, mais ne démord pas malgré tout de sa philosophie positive : 

 « On peut tout te prendre ; tes biens, tes plus belles années, l’ensemble de tes joies, et l’ensemble de tes mérites, jusqu’à ta dernière chemise – il te restera toujours tes rêves pour réinventer le monde que l’on t’a confisqué. » 

Aimez-vous cet auteur ? Connaissiez-vous ce titre en particulier ?