Bravo et merci à celles d'entre vous (répertoriées ici le mois prochain) qui ont trouvé le titre de cette lecture mystère (Pour les autres, l'illustration qui suit vous éclairera sûrement sur la très jolie photo que Magda nous avait concoctée) !

C'est l'histoire de Walter Hartright, qui vient d’être embauché comme professeur de dessin pour deux jeunes femmes, demi-sœurs, dans un manoir. Sur la route qui l'y emmène, il croise une dame en blanc, apparition fantomatique qu’il aide à trouver sa route avant d’apprendre qu’elle s’est évadée d’un asile. Il l’aurait oubliée si, en arrivant au manoir, il n’avait pas trouvé une étrange ressemblance entre la dame en blanc et l’une des deux sœurs, Laura, qui le pousse à se renseigner discrètement sur cette dame en blanc.

 

 

Parallèlement, Laura et Walter tombent rapidement amoureux. Malheureusement, cet amour est impossible car Laura est promise à Sir Percival, un baronet de la région. Mais, juste avant le mariage, Laura reçoit une lettre anonyme la mettant en garde contre Sir Percival, qui serait le mal incarné. Laura doit-elle apporter quelque crédit à une lettre anonyme peut-être médisante et sacrifier cet arrangement apparemment avantageux pour les deux familles ?

Sir Percival se montrant convaincant, le mariage a lieu. Pourtant, une fois les jeunes mariés installés dans le château de Sir Percival, ils semblent hantés par une mystérieuse dame en blanc… Percival devient très nerveux à son évocation, et la vie de Laura semble menacée par son mari. Que se trame-t-il au château de Blackwater ? Qui est la dame en blanc ? Et Laura court-elle un risque auprès de son mari, lui voudrait-il du mal ? Pour quelle raison ?

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Il faut reconnaître que l’intrigue est magnifiquement portée par la plume de Wilkie Collins, dans un langage extrêmement soigné et pourtant coulant, musical, qui nous plonge immédiatement dans l’époque victorienne. L’histoire est narrée chronologiquement, chaque protagoniste concerné prenant alternativement la plume pour raconter la suite des péripéties dont il est acteur, et ce sous forme de témoignage à produire en justice (nous en comprendrons rapidement la raison). Le suspense concernant le fin mot de cette intrigue est donc conservé jusqu’au bout du roman, qui ne prend fin qu’après 850 pages ! Car autre temps oblige, sans fichier d’empreintes, ADN, téléphone ni internet, il faut attendre l’arrivée des correspondances ou se déplacer soi-même pour obtenir un renseignement, ce qui fait progresser le récit bien plus lentement qu’un thriller actuel.

D’un côté, c’est le charme d’une telle lecture. D’un autre côté, s’il mérite son titre de chef d’œuvre tant sa construction est parfaite, il m’a paru un peu long d’attendre 850 pages pour arriver au dénouement, et notamment dans les (grosso modo) 250 dernières pages : de 600 à 700 parce qu’on voudrait bien connaître le fin mot après toutes ces péripéties, et de 700 à 850 parce qu’on a tous les éléments en main pour en déduire la suite nous-même mais qu’on nous détaille la moindre explication. Cela dit, l’auteur a mis un point d’honneur à achever son récit comme il l’avait commencé : Avec minutie et cohérence, ce qui est somme toute très appréciable.

Pour conclure, c’est pour moi un thriller victorien que les amateurs d’ambiances mystérieuses et de suspense trouveront très bien construit et mélodieusement conté, mais dont le récit finit par être un peu longuet vers la fin à mon avis. Etes-vous amateur d’énigmes victoriennes ? Aimez-vous d’autres livres de Wilkie COLLINS ?