« Tout coureur, quelles que fussent ses aptitudes, émettait une affirmation personnelle à chaque fois qu’il courait. « Me voici », disait-il, « Voici ce que je fais. Je cours. C’est ce qui me rend différent. » 

 

C’est Sandrine qui m’a parlé de ce roman pour la première fois : Une grande course à pied organisée de Los Angelès à New York par un certain M. Flanagan, businessman, sur 5063 kilomètres à raison de 80 kilomètres par jours, 6 jours par semaine. Attirée par cette aventure en tant que sportive, je me demandais toutefois si mon intérêt pour ses coureurs et leurs aventures pouvait demeurer durant 650 pages.

 

 

« Quand on écrira un jour l’histoire de la Trans-America, elle sera à mi-chemin entre l’Odyssée d’Homère et Huckleberry Finn. »

 

Contre toute attente, mon intérêt n’a jamais faibli jusqu’à la fin. Tom McNab a signé un roman dans la lignée des "raisins de la colère" de Steinbeck : Tout comme pour le récit de ces agriculteurs américains migrant de petits boulots en petits boulots vers la terre promise, c’est la narration qui nous accroche et ne nous lâche plus : On VEUT savoir quelles aventures nous réservent les personnages profondément humains, comment chaque coureur va trouver les ressources en lui-même alors que les scientifiques prétendent que c’est impossible pour le corps humain, comment les coureurs ont pu avoir l’envie de tenter un tel challenge, mais aussi ce qui se cache derrière cette organisation complexe : Car pour traverser les villes, toute une logistique matérielle, des arrangements financiers et des magouilles politiques font que cette course ne tient qu’à un fil, prêt à se rompre à chaque ville-étape.

 

« Si vous tuez l’espoir, vous tuez la vie. » 

 

Si les coureurs tiennent à achever cette course, c’est qu’en 1930 aux Etats-Unis les temps sont durs dans cet entre-deux guerres : l’argent manque pour survivre, et tous courent au sens propre après les prix de cette course. Ainsi, les coureurs les plus motivés et résistants donneront tout ce qu’ils peuvent pour aider l’organisateur de la course à la maintenir en vie jusqu’à l’arrivée, même si cela signifie participer à des courses improbables contre des chevaux pour amuser la galerie, porter des t-shirt étranges, s’entraider dans le désert, mettre hors de nuire l’équipe arienne qui représente ce nouveau parti briguant le pouvoir allemand, et prétendant avoir mis au point des coureurs de race supérieure, ou encore traverser la ville d’Al Capone lui-même…

 

« Il faut mourir avant de pouvoir vivre ».

 

*****

 

Les aventures se suivent et ne se ressemblent pas, dans cette épopée fantastique qui n’a pas fini de vous surprendre. Chaque personnage, qui nous livre peu à peu son passé et ses raisons d’être ici, nous devient de plus en plus attachant. Même le grand Flanagan qui, pour sauver cette course de la débâcle financière, engage ses coureurs au-delà de leur seuil de tolérance… Et pourtant, tout au bout de cette course et au bout d’eux-mêmes, il ne restera que le meilleur, ce qui transcende tout le reste : l’humanité.

 

« On ne court pas seulement avec ses jambes. On court avec tout ce qu’on a. »

 

En bref, un chef d’oeuvre à côté duquel je n’aurait pas voulu passer. Ca tient parfois à rien de passer à côté de lectures marquantes comme celles-ci, publiées il y a longtemps, oubliées, rééditées heureusement. Un moment de lecture parfait où j’étais toute entière avec ces personnages, et que je vous recommande ! 

 

« Ne sommes-nous pas tous des athlètes qui marchons sur la route de nos vies ? Mais pouvons-nous regarder en nos coeurs et dire sincèrement, comme ces coureurs, que nous avions mis tout ce que nous avions dans notre course quotidienne ? Regardez dans votre coeur, regardez dans votre âme, et posez-vous cette question. » 

 

Connaissiez-vous ? Est-ce que ça vous donne envie de découvrir et faire découvrir à votre tour ?

 

Quel est le roman oublié que vous conseilleriez pour ne pas qu’il sombre dans l’oubli ?