Depuis des lustres je n’entendais que du bien de ce classique. Je n’ai pas pu résister lorsque je l’ai vu dans la bibliothèque d’échange de l’hôtel où je me trouvais. Les vacances, c’est fait pour prendre le temps d’essayer, non ?

 

 

 

A propos de l’auteure :

 

On ne peut pas s’intéresser à cette histoire sans dire un mot de son auteur : Isabel ALLENDE est la nièce du Président de la République chilienne. Après le coup d’Etat du Général Pinochet, l’auteure s’est exilée au Vénézuela et a éprouvé le besoin de prendre la plume pour raconter cette histoire, qu’elle dédie aux femmes de sa famille.

 

 

L’histoire :

 

Elle se déroule dans un pays ressemblant au Chili, même s’il n’est jamais nommé, et s’étend sur une bonne partie du 20ème siècle.

 

Nous voyons donc évoluer plusieurs générations et assistons à la mise en place des pièces du puzzle que forment les destins à la fois du pays et de sa population, étroitement liés. 

 

A travers l’histoire d’une famille en particulier, c’est l’Histoire de tout le pays sur près d’un siècle qui nous est contée. 

Les anecdotes truculentes de cette famille importante, qui pourraient être l’unique objet du roman, constituent en réalité le support d’un récit bien plus ambitieux et politique qu’il n’y paraît.

 

On y retrouve une ambiance un peu magique (le titre ne ment pas) et des éléments autobiographiques qui rendent le récit foisonnant et captivant. La plume d'Isabel ALLENDE rend ses personnages extravangants très vivants et le décor très réel : Durant 500 pages, nous vivons au beau milieu d'un brassage de population de la plus miséreuse à la plus favorisée, dans un climat politique de plus en plus instable à l’approche des élections, jusqu’à l’inattendu putsch qui installera un gouvernement militaire que personne n’a vu arriver et que personne - même les plus rebelles - ne souhaitait.

 

 

Mon avis :

 

J’ai attendu longtemps d’être enfin prête à lire ce roman, et je l’ai a-do-ré.

 

C’est une fresque magnifique d’un pays qui évolue lentement, jusqu’au grand bouleversement. Il s’agit au départ d’une démocratie, contrôlée en réalité par la haute bourgeoisie ; Celle-ci possède les terres et craint plus que tout les idées marxistes qui se répandent de plus en plus au sein de la population. 

Un beau jour un Président socialiste est élu démocratiquement mais, pour éviter que le pays ne tombe à terme dans le marxisme, les anciens dirigeants bourgeois organisent un coup d’Etat avec l’aide d’autres pays. Pour cela, l’armée est sollicitée. Mais contrairement au plan de départ, elle ne rendra jamais la main aux anciens dirigeants. C’est la naissance d’une dictature et, avec elle, de longues années de misère, d’exactions, de violence, de peur et d’interdits - même pour les sympathisants du départ -  qu’il faudra combattre.

 

Ce roman est également une magnifique saga familiale, avec des personnages très différents et pour le moins hauts en couleur, pouvant être attachants, bouleversants, amusants, énervants, altruistes, vengeurs et bien d’autres choses encore, tout cela respectivement, tour à tour ou parfois même tout à la fois. 

Leurs destins respectifs s’entremêlent habilement puisqu’évidemment nous sommes tous liés d’une manière ou d’une autre : Nos actes ont des répercutions plus ou moins importantes en fonction de notre position dans la société et toute action joue un rôle dans le destin des autres et du pays. C’est l’effet papillon, et c’est ce que comprend l’héroïne à la fin. Nous avons tous un rôle à jouer, une part de responsabilité dans nos histoires et dans la grande Histoire.

 

 

« Elle écrivit que la mémoire est fragile et que le cours d’une vie est on ne peut plus bref et que tout se passe si vite que nous ne parvenons pas à saisir les relations entre les événements, nous sommes impuissants à mesurer les conséquences de chaque acte, nous ajoutons à la fiction du temps, au présent, au passé comme à l’avenir, alors que peut-être tout arrive en même temps. Voilà pourquoi ma grand-mère remplissait ses cahiers : pour voir les choses sous leur vraie dimension et déjouer les pièges de la mémoire. »

 

 

Conclusion :

 

Un récit grandiose et magnifique, et une conclusion qui l’est tout autant. Très puissante et émouvante, elle nous laisse réfléchir sur l’avenir de notre propre pays en ces jours importants d’élections présidentielles… Rien n’est jamais acquis, loin s’en faut, et tout est toujours possible… Même le pire auquel on ne veut s’attendre. Lisez-le, la plume d’Isabel ALLENDE parviendra sans doute à vous captiver du début à la fin !

 

 

Connaissez-vous le livre ou l’auteure ? Aimez-vous ?