Salut les petits loups !

 

Comme le temps est de circonstance, je reviens vous parler d’un roman de cette rentrée littéraire qui m’a marquée, et qui sortira le 16 août 2017. Pour conserver les sensations qu’il devra provoquer chez ses lecteurs, je ne vais pas raconter beaucoup de son histoire. En revanche, je veux surtout vous inciter à ne pas vous décourager à la lecture du thème. Personnellement, le thème des mines me rappelait Germinal (le grand classique de Zola, que je n’ai toujours pas lu…) et me paraissait trop sombre pour moi. Heureusement, une libraire formidable m’a donné envie de le lire. 

 

 

Le narrateur est Michel, fils d’agriculteur dans une région minière. Comme toutes les familles de ces régions, la famille de Michel compte des mineurs qui sont morts de leur métier. Non seulement celui-ci est pour le moins difficile pour les organismes, mais en outre, les cadences imposées sont infernales, et nécessitent souvent de passer outre les mesures de sécurité. Ainsi, lorsque Joseph, le grand frère de Michel, annonce qu’il a été recruté à la mine, ses parents sont effondrés. Et effectivement, quelques mois après son embauche, alors que la veille encore Joseph et Michel s’octroyaient une balade à moto entre frères, une explosions fait 42 morts à la mine où Joseph travaille. Joseph meurt quelques jours plus tard de brûlures à l’hôpital. Peu après, n’ayant pas supporté la mort de son fils, le père se suicide.

 

Un chapitre sur deux, nous retrouvons Michel en 2014, et voyons l’impact de la mort de son frère sur le reste de sa vie. 40 ans plus tard, alors que sa femme vient de mourir, Michel est toujours obsédé par le sentiment que la mort de son frère est injuste, et qu’elle n’a pas été reconnue à sa juste valeur. En effet, étant mort après les autres, il n’a pas bénéficié des hommages nationaux pour son enterrement. C’est comme si personne n’avait reconnu la responsabilité de la mine dans sa mort, alors qu’il lui avait donné sa vie. Plus grave encore aucun responsable n’a été désigné et condamné pour cette catastrophe.

 

Alors Michel est déterminé à obtenir un procès, un coupable. Et une condamnation. Et comme la voie traditionnelle est inaccessible après toute ces années, il élabore un plan désespéré pour tenter de trouver une fin à ses tortures… Mais je ne peux hélas pas plus  en discuter avec vous, car c’est là que l’auteur montre son talent.

 

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Dès les premières pages, l’écriture fluide rend l’histoire hyper abordable ; Ensuite, le fait que l’auteur ne nous enferme pas dans les mines avec ses personnages rend l’histoire respirable et moins sombre que prévue. Enfin, l’alternance d’un récit d’une famille de minier des années 1970 avec le récit de cette même famille dans nos années actuelles crée un certain suspense et attise notre curiosité. L’ensemble est intéressant tant culturellement que psychologiquement, car l’auteur nous apprend une époque, nous présente des gens extrêmement vivants, nous tient en haleine avec son intrigue principale, trompe le lecteur trop prompt à conclure, bouscule nos certitudes puis, enfin, nous achève avec une myriade d’émotions, nous réservant un final puissant et de toute beauté, qui ne manquera surement pas de vous remuer !

 

Tout est subtile dans ce roman, jusqu’au choix du titre qui, s’il semble bateau de prime abord, se révèle être le noeud de l’histoire, son point de bascule ; Le repère du lecteur attentif. Celui-ci dispose de tout un tas d’indices minuscules, de signaux d’alarme discrets qui cimenteront plus tard les pièces du puzzle quand elles commenceront à s’assembler… J’aime ces livres qui nous obligent à nous repasser le film de notre lecture pour tout remettre en perspective. Parfois, nous lisons trop vite, nous jugeons trop vite, nous condamnons trop vite. Merci à Sorj CHALANDON pour ce beau rappel.

 

 

Lisez-le ! Et revenez m’en donner des nouvelles !

 

Et vous, avez-vous trouvé une pépite dans cette rentrée littéraire ?