« L'homme, à force de vouloir se prendre pour Dieu, a peut-être ouvert la porte des enfers... »

 

Nom d’un Père-Noël, déjà un mois que je ne suis pas venue par ici, il est grand temps de dépoussiérer cette bibli ! J’ai fini le dernier CHATTAM, et ce fut « Le Signal » : je devais revenir vous en parler. Envie d’un roman sombre qui vous ferait frémir sous le plaid du canapé ? Saisissez-vous de ce bel objet dont les contours noircis vous mettent dans l’ambiance, diffusez la musique conseillée par l’auteur en fond sonore, et c’est parti pour cette expérience de lecture, qui se revendique, par ses épigraphes, à la fois de Lovecraft et de KING.

 

 

La famille Spencer vient d’aménager dans un village près de Salem - ça pose l’ambiance. A la recherche de calme et désirant se retirer de la ville, cette vedette de la radio et cet auteur de pièce de théâtre rêvent d’une vie tranquille avec leurs trois enfants. Mais de vie tranquille, ils n’en trouvent pas. Dès leur arrivée dans leur nouvelle maison, des phénomènes étranges se produisent : Leurs garçons sont pourchassés par des épouvantails meurtriers, leur fille est réveillée par des terreurs nocturne, et leur chien se suicide dans un barbecue géant… Y a-t-il une explication rationnelle ? Un tueur dans la nature ? Ou serait-ce le fantôme de la sorcière brûlée vive qui revient se venger ? Et pourquoi maintenant ?

 

Mais bientôt, c’est la ville toute entière qui connaît une vague de morts toutes plus horribles les unes que les autres. Chacune demeure inexpliquée, et la police est dépassée autant par le nombre d’affaires que par leur violence. Pour ne rien arranger, les communications sont brouillées par d’insupportables cris inhumains, sur lesquels enquêtent d’étranges fédéraux… Et si seuls les enfants étaient capables de croire ce qu’ils voient, et d’agir en conséquences…? Et vous, êtes-vous prêts à voir ce qu’il se passe réellement à Mahingan Falls, et à l’affronter ?

 

«  - Ce que je veux vous faire comprendre, insista Martha en se penchant vers lui par dessus son bureau, le visage altéré par la fumée de l'encens, c'est que l'homme fabrique ses peurs, il façonne ses mythes, et même ses monstres. »

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Super bouquin ! On ne sait pas tout de suite s’il s’agira d’une fin réaliste ou surnaturelle, mais on s’en fiche on a envie d'y croire à fond. D’abord, parce que Maxime CHATTAM plante, quoi qu’il en soit, un décor plausible avec des situations et des gens tangibles. Ensuite parce qu’il a su, comme Stephen King, prendre le temps de nous faire entrer dans les lieux et de nous attacher aux personnages. Nous sommes ainsi piégés : On s’y voit, on s’identifie, bref, on y croit et on le vit carrément.

 

Est-ce que ça fait peur, comme tout le monde le demande ? Je ne sais pas si un roman peut faire vraiment peur mais, quand on réfléchit à cette histoire, c’est assez bien ficelé pour être "effrayant" ! Quant au moment de lecture, si on se met vraiment dans l’ambiance hivernale sans trop de luminosité, sans animation autour de nous pour nous déconcentrer, sans couper trop notre lecture, et en écoutant la playlist recommandée, là, ça peut même devenir angoissant. L’objet en lui-même est très beau : noir et argenté, avec le bord de chaque page noirci comme un grimoire.

 

En résumé, Maxime CHATTAM nous conte une histoire bien ficelée et crédible, et c’est cela qui la rend efficace. Il faut avoir le coeur bien accroché car on ne compte plus les morts, mais l’auteur a su malgré tout ne pas décimer trop rapidement les gens qui portaient notre intérêt pour l’histoire (sans toujours les épargner non-plus), ce qui fait que le suspense se maintient jusqu’au bout. Je résiste à l’envie de vous recopier la dernière page, dont le texte, particulièrement soigné, racontera tout le livre à qui saura écouter le signal… Alors, de grâce, ne commencez pas par lire la fin ! J’ai passé un très bon moment de lecture, merci à l’auteur ! Avez-vous aimé ? Allez-vous vous plonger dans cette ambiance ?