L’histoire est celle de deux familles habitant dans la lande anglaise dans leurs deux maisons respectives : Les Linton à La Grange, les Earnshaw dans « les hauts de hurle-vent », nom illustrant l’atmosphère de cette demeure par temps d’ouragan. Le père Earnshaw ramène un jour un jeune bohémien orphelin qu’il a trouvé sur la route, Heathcliff, et l’adopte. Son fils, Hindley, le déteste immédiatement puisqu’il lui vole l’attention de son père et se comporte comme un voyou. Mais la fille de M. Earnshaw, Cathy, s’amourache de ce garçon intrépide avec qui elle peut faire les 400 coups ; Cependant, jamais elle ne daignera avouer ni assumer cet amour, tant Heathcliff a l’apparence d’un rustre et elle d’une princesse. Pourtant, à la mort de M. Earnshaw, elle est la seule pour qui Heathcliff a de l'affection. Mais s'il ne demande qu’à l'épouser, elle choisit la sécurité en épousant Edgar Linton, l’héritier de la Grange.

 

 

A partir de là, l'histoire s'envenime. Car Heathcliff demeure avec Hindley dans les Hauts de Hurlevent, mais se sent plus que jamais comme un paria : Hindley, qui s’est marié, a à présent un fils mais, sa femme étant morte, il passe ses journées à boire et devient plus exécrable - mais aussi plus vulnérable... Pendant ce temps, à la Grange, Cathy a une fille et s’éloigne chaque jour un peu plus de Heathcliff ; la vue de sa dulcinée est une torture, comme cette maison des Hauts de Hurle-vent dans laquelle tout lui rappelle son amour perdu, son seul appui dans sa misérable vie, sa seule tendresse dans cette océan de haine. Heathcliff n’a donc de cesse de ruminer sa revanche sur ceux qu’il tient pour responsables de son malheur, même si cela doit tuer celle qui l’a abandonné.

« Catherine Earnshaw, puisses-tu ne pas trouver le repos tant que je vivrai ! Tu dis que je t'ai tuée, hante-moi, alors ! Les victimes hantent leurs meurtriers, je crois. Je sais que des fantômes ont erré sur la terre. Sois toujours avec moi... Prends n'importe quelle forme... Rends-moi fou ! Mais ne me laisse pas dans cet abîme où je ne puis te trouver. Oh ! Dieu ! C'est indicible ! Je ne peux pas vivre sans ma vie ! Je ne peux pas vivre sans mon âme ! »

 

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Soit, en chanson avec Kate Bush, pour faire plaisir à Lili qui l'adore :

Wuthering Heights (Les Hauts De Hurlevent)


Out on the wiley, windy moors
Dehors, sous le vent de la lande mystérieuse,
We'd roll and fall in green.
Nous tombions et nous roulions dans l'herbe,
You had a temper like my jealousy :
Tu avais le caractère tout comme ma jalousie :
Too hot, too greedy.
Trop vif, trop avide.
How could you leave me,
Comment as-tu pu me quitter,
When I needed to possess you ?
Quand j'avais besoin de te posséder,
I hated you. I loved you, too.
Je te détestais.
Je t'aimais, aussi.


Bad dreams in the night.
Des mauvais rêves dans la nuit,
They told me I was going to lose the fight,
Me disaient que j'allais perdre le combat,
Leave behind my wuthering, wuthering
Abandonnant mes
Wuthering Heights.
Hauts de Hurlevent,

 

Heathcliff, it's me-- Cathy.
Heathcliff, c'est moi-- Cathy
Come home.
I'm so cold !
Je rentre à la maison. J'ai si froid !
Let me in-a-your window.
Laisse-moi entrer par ta fenêtre.

 

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Bref, la très belle plume d’Emily Brontë porte ce fantastique récit d’une manière admirable : Même si des sentiments très sombres sont décrits, je me suis beaucoup plu dans cette ambiance brumeuse mais jamais noire qui est dépeinte. Je me suis délectée de chaque tournure de phrase, j’ai apprécié et compris tour à tour chaque personnage. Heureusement pour le lecteur, c’est la femme de charge qui raconte l’histoire : une femme simple, raisonnable et humaine qui permet au récit, mais également aux personnages, de ne pas sombrer dans la noirceur la plus totale. En outre, la fin est lumineuse et pleine d'espoir, c'est une fin sur le pardon des générations, un nouveau départ.

Un classique extrêmement bien ficelé et rythmé du début à la fin, qui vous plongera dans une ambiance comme on en fait plus et dépeint un panel incroyable de sentiments divers… : A ne pas manquer ! Ses autres romans sont-ils ausi bien ? Et ceux de ses soeurs ?