Toujours à la recherche de nouvelles expériences littéraires, je me suis aventurée dans ce monde principalement pour le titre qui faisait courir mon imagination. Le narrateur arrive dans un pays dont la vie, les activités et coutumes sont totalement différentes : Le territoire se divise en communautés vivant autour de jardins non pas de plantes mais de statues de pierres. J’avais imaginé découvrir que les statues, représentant des personnes, venaient d’un monde ancien où des humains avaient été statufiés, mais ce premier tome ne nous apprend rien de ce genre : On découvre simplement avec le narrateur les us et coutumes de ce pays et des communautés, leurs vies organisées autour des statues qui semblent se former spontanément dans la terre avant d’être taillées selon leur forme apparente puis recueillies par les « jardiniers » pour être vendues. 

 

 

Le récit est donc assez linéaire et descriptif durant la majeure partie du roman, d’autant que le narrateur veut écrire un livre sur ce qu’il découvre. Mais à force de recueillir des informations sur cette population pour son œuvre, il comprend que la vie de cette communauté n’est pas si idyllique qu’elle le paraît de prime abord. A force de questions et d’explorations, il obtient des confidences, constate les dysfonctionnements du système et se pose beaucoup plus de questions sur le sens même de ce monde. Il sent, et le lecteur aussi, que son récit prend alors une autre direction que la simple description : Il est en quête de sens et pour cela il doit partir à l’aventure dans ce nouveau monde avec l’aide des quelques jardiniers, hôteliers et rares femmes à vouloir qu’il voit et mette à nu les problèmes sous-jacents.  

Petit à petit, beaucoup comprennent à travers son regard que les traditions si rigides masquent peut-être certains problèmes, empêche l’évolution et l’adaptation des populations au monde qui change autour d’eux, et les empêchent de penser à un problème de plus en plus pressant : Un affrontement qui semble inévitable avec un mystérieux prince des steppes que le narrateur, dès lors qu’il en entendra parler, n’aura de cesse de vouloir rencontrer. Au contraire, la population préfère l’ignorer, lui donnant le statut de légende en pensant que cela le rendra moins réel et pourra éviter de bouleverser leur mode de vie. 

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Passé inaperçu à sa sortie, mais comparé plus tard aux œuvres de Tolkien ou Julien Gracq, ce roman est le premier tome du « Cycle des contrées ». Il ne fait pas du tout partie de ma zone de confort littéraire, mais il est au moins très bien écrit. Malgré cela, le récit est particulièrement linéaire tant que le narrateur est en découverte de ce monde, ce qui ne rend pas le récit haletant mais plutôt lent. Il s’accélère très légèrement lorsque véritablement le héros part à l’aventure, mais on reste beaucoup plus dans l’observation et la réflexion que dans véritablement l’action. 

J’ai aimé l’idée que le regard neuf de l’étranger apporte quelque chose aux habitants et l’auteur parvient bien à montrer comment il contribue à un changement des populations. Néanmoins, si le thème est intéressant, je suis trop loin de mon univers littéraire pour poursuivre par la lecture des autres tomes. Je pense que l'oeuvre est quand même à réserver à un public déjà sensible à la fantasy (je ne sais pas trop comment qualifier cette oeuvre aussi contemplative que romanesque). Pour ma part, malgré ses qualités et la sensation que les tomes suivants pourraient être plus agités, j’ai été contente d’arriver au bout de cette aventure pour reprendre des lectures plus classiques ! Connaissez-vous et aimez-vous ce genre de cycles ?