« Si tu veux courir, cours un kilomètre. Si tu veux changer ta vie, cours un marathon. »

Quand j’ai vu ce livre en librairie, je n’ai pas pu résister au trio gagnant titre-couverture-résumé car j’adore courir. Mon corps ayant subi quelques accidents de parcours, je cours désormais très peu et pour le plaisir, mais je tiens beaucoup à cette activité. J'avoue être accro à la sensation de liberté et de puissance qui l'accompagne, à ce courant de vie qui m’habite lorsque je cours. Peut-être savez-vous de quoi je parle ?

 

 

De manière générale, j’aime le sport pour la vigueur qu’il procure, mais aussi pour le défoulement et la détente qu'il permet, sans oublier le dépassement de soi et la sensation de bien-être qui se prolonge longtemps après l’effort. Et puis c’est bon aussi pour l’estime de soi, ce qui n’est pas négligeable ! L’avantage du running, c’est qu’il apporte satisfaction assez rapidement car la course à pied est une allure plus naturelle que la marche à pied pour l'Homme (c’est scientifiquement établi).

Ne pouvant plus moi-même courir de manière intensive, j’ai voulu vivre un peu cette chance par procuration et découvrir les motivations des autres. Pascal SYLVESTRE étant un journaliste (créateur du site runners.fr) qui a lui-même couru plus de cinquante marathons, l’avantage est que son récit sent effectivement le vécu.

« Les marathoniens ne sont pas des monstres de courage, encore moins des héros, ils pleurent souvent et ne se cachent pas toujours pour pleurer, les larmes font partie de l'aventure. »

Le second bon point de ce livre est qu’il nous offre un panel de coureurs assez variés dont les vies, les efforts, les sacrifices, les satisfactions et les rencontres nous sont narrés ici. Puisant dans son expérience, et probablement dans sa vie et ses rencontres, l’auteur démêle en filigrane les motivations propres et plus ou moins enfouies de chaque personnage de cette histoire. Car, si chaque chapitre raconte, presque comme une nouvelle, une page de la vie de chaque coureur, leurs histoires s’entremêlent au gré des marathons, des besoins de soutiens, des entraînements, bref : de leur passion commune qu’est la course, et forment un tout cohérent.

« Chaque concurrent d'un marathon prend le départ avec des comptes à régler, avec l'espoir de cicatriser de vieilles plaies, avec un besoin immense de vivre un voyage intérieur. »

Le premier chapitre, consacré à la rencontre d'un certain journaliste nommé Pascal avec une vieille dame elle-même coureuse en son temps, sera donc suivi de plusieurs autres morceaux de vies dépeignant ce milieu, ces sportifs solitaires mais solidaires, leurs motivations et efforts. Si vous aimez ce vent d’indépendance et de force que procure la course, vous pourrez ici découvrir le point de vue d’une infirmière de nuit qui a besoin de faire le vide après les attentats, d’un avocat surbooké découvrant le formidable terrain qu’est Central Park, d’un blessé qui ne peut s’arrêter de courir, d’une femme délaissée qui a tout à prouver, etc…

Qu’est-ce qui les pousse à courir toujours plus loin, toujours plus vite ? Quel but, quelle motivation ? Après quoi courent-ils ou que fuient-ils ? Vous découvrirez des pistes de réflexions sur les raisons subtiles de chacun, en même temps que l’on prend conscience de l’énorme investissement que cela demande ainsi que du sacrifice, presque systématique, de la famille et de l’entourage au sens large. Un bel ouvrage qui se lit très bien malgré les peines, frustrations, incompréhensions et solitudes qui s’en dégagent souvent. Car vous y trouverez aussi beaucoup d’humanité et de solidarité. Et qui sait, ça pourrait bien vous insuffler l'envie d'un petit footing...?  En attendant, un petit marathon de lecture, ça vous dit ?

« - Votre rêve derrière le rêve ?
- Je ne sais pas. Peut-être simplement le rêve de conserver mes rêves intacts, ne pas capituler, ne pas perdre espoir. Courir un marathon est un acte de résilience, de combat. On se bat contre la distance mais aussi et surtout contre soi-même, contre l'idée que l'on se fait de ses propres limites, contre la tentation du cynisme. Je crois qu'il y a quelque chose de magnifiquement optimiste dans le fait de courir un marathon. Je l'ai senti de manière très forte en courant New York : Il ne faut pas capituler ses rêves, il faut les vivre jusqu'au bout. »