Voici un auteur très connu et apprécié des blogueuses et que, pourtant, je n’avais encore jamais lu. Alors, à la sortie de « Marlène », quand j’ai vu que le thème était susceptible de m’intéresser, je me suis jetée à l’eau.

 

 

 

 

L’histoire :

 

Elle se déroule dans une ville de garnison ou vivent deux vétérans de l’Afghanistan qui ont grandi ensemble et combattu ensemble : Dan et Richard. 

Elle est celle que l’on trouve en grattant le verni bien propret qui recouvre tout groupe social. Elle est aussi celle du basculement lorsqu’on ne peut plus ignorer ce qui se trame sous ce verni, et que ce que nous voyons ne nous plaît pas…

 

Dan est célibataire et ne se pense pas capable de vivre en couple à cause de toutes « ces merdes » qu’il a ramené de ses missions difficiles. Il est en revanche très attaché à sa réintégration dans une vie « normale » en milieu civil et cherche à ne surtout pas se faire remarquer par ses voisins.

Richard est marié à Nath, mais ses nombreuses missions et son caractère bagarreur font que le couple est en crise et s’éloigne, sans que l’un ni l’autre ne se l’avoue réellement. Et Dan est l'ami fidèle sur qui compter.

 

Dan et la famille de Richard ont trouvé leur équilibre ensemble.

Alors quand Marlène, la soeur de Nath, débarque en ville pour s’installer, tous les rapports s’en trouvent chamboulés. Elle arrive avec ses raisons plus ou moins avouées, mais surtout avec son passif avec Nath que les deux femmes ont du mal à mettre de côté. 

 

Qui est Marlène, cette femme aux multiples facettes que tout le monde adore détester ? Comment cet oeil extérieur va finalement changer leurs vie à jamais ? Elle sera le révélateur de ce qui cloche dans leur vie, le miroir qui reflète ce qu’elle voit, faisant ressortir le meilleur comme le pire de chacun d'eux. Et une chose est sûre, personne n’aime voir ses propres défauts…

 

 

Mon avis :

 

Petit à petit, à mots de loup, nous entrons dans le quotidien et l’intimité de ces vétérans que « toutes ces merdes » qu’ils ont vues et vécues ont « cassés », selon leurs mots. A travers les phrases épurées de Philippe DJIAN, nous pénétrons leur fragile équilibre et, à peine dissimulé par la plume minimalisme de l’auteur, on a l’impression que rien que notre oeil qui les observe pourrait rompre ce fragile équilibre.

 

L’écriture est moderne et minimaliste. Philippe DJIAN éclipse tellement les descriptions inutiles ou les actions sans intérêt que j’ai mis un temps d’adaptation pour parvenir à suivre ses bonds dans le temps, plus ou moins grands, que rien n’annonce sinon la relative incohérence du récit.

 

Mais une fois adaptée, j’ai finalement bien aimé cette histoire. Je pensais même être déçue par la fin alors que je l’ai beaucoup aimé. L’auteur n’a pas hésité à aller au bout de chacun de ses personnages ce qui rend l’histoire crédible et presque réelle - même si elle fait froid dans le dos. 

 

Jusqu’où peut-on aller pour tenter de conserver sa vie lorsqu’elle semble sur le point de nous échapper ? Peut-on reprendre en main son destin après avoir dérapé ? Amitié, jalousie, couple, désespoir, blessures, espoirs, famille, solitude… Beaucoup de thèmes qui sont finalement bien traités dans cette histoire, qui a l’air toute simple mais qui m’a finalement convaincue.

 

 

Conclusion :

 

Les sentiments sont assez finement analysés et rendus. Mission accomplie pour cette fois Monsieur DJIAN : Je tenterai donc le roman intitulé « Oh…  », par curiosité. Juste pour voir si je m’attache vraiment…!

 

 

Et vous, vous aimez l’auteur ? Son écriture est-elle toujours ainsi ?