Je suis contente d’avoir enfin pu lire ce roman, sur le thème difficile des femmes battues et la question souvent sous-jacente « Mais pourquoi restent-elles ? » ! 

 

Pour la petite histoire, j’avais été assez déçue par la façon dont Colleen HOOVER, l’une de mes auteures favorites de romances, l’avait abordée dans son roman « Jamais plus ». Les points de vue que l’auteure mettaient en exergue m’avaient globalement semblé peu pertinents, et donc les personnages (surtout l’héroïne) m’avaient assez peu convaincue et touchée malgré le thème. 

 

L’une d’entre vous m’avait alors conseillé « Une raison d’espérer » de Maude PERRIER sur ce même thème, mais je ne parvenais pas à me le procurer. Jusqu’au jour où… Hellocoton a mis cette auteure adorable sur mon chemin, qui m’a gentiment envoyé son roman en un format que ma liseuse décrypte ! Merci beaucoup Maude !

 

 

Merci parce que j’ai vraiment apprécié cette lecture. Certes, et j’étais avertie, il faut avoir le coeur bien accroché dès le début car entrer dans les vies, corps et têtes de personnages pour les comprendre nécessite de donner un peu de sa personne : Savoir prendre des coup avec Lily, se rebeller avec elle, douter aussi, se trouver sans voix face à l’atrocité et le non-sens de tout cela ; sans armes face à un adversaire plus retors et manipulateur que nous. Se sentir démunie et sur le point d’abandonner, en l’absence de raison d’espérer… Mais ce roman, comme son titre l'indique, n'est pas que sombre ; Il nous laisse apercevoir la lumière au bout du tunel.

 

Synopsis :

 

Lily semble être une femme épanouie qui a tout pour elle : Un beau mari  que tout le monde admire, de l'argent, un travail qu’elle aime… Et heureusement qu’elle l’a, ce travail. Car une fois closes les portes de leur demeure, Denis tabasse Lily sous des prétextes plus fallacieux les uns que les autres : Un regard innocent à un autre homme, une aventure entièrement imaginée avec son patron, un mot de travers à son mari, un refus quelconque qui lui déplait, et Lily manque encore de se retrouver aux urgences ou au cimetière. D’ailleurs parfois, elle aimerait bien. Mais Denis est trop malin pour l’envoyer aux urgences, et bien trop amoureux pour aller jusqu’à la tuer. Il l’aime trop pour risquer de la perdre, et dit ne pas pouvoir vivre sans elle.

 

Trop amoureux dit-il ? Alors pourquoi la passe-t-il à tabac ? Car Lily se rappelle qu’il n’a pas toujours été comme ça, et pense qu'avec de la patiente et de la psychologie, elle parviendra à retrouver l'homme qu'elle a aimé. Elle se souvient exactement de quand tout cela a commencé : C’était lorsqu’elle est tombée enceinte. Elle a d’abord pardonné en croyant que c’était le choc de devenir père ; elle a cru qu’il avait du mal à encaisser d’avoir une enfant trisomique, ou d’avoir à assumer d’en être son père. Mais il s’est mis à affirmer sans raison qu’il n’en était certainement pas le père, à l'accuser de l'avoir trompé ; Et, comme elle n’a pas voulu avorter, il la punit pour ça. Il ne la croit jamais, puisque son cerveau malade trouve toujours une raison de la battre à mort, avant de se confondre en pleurs et en excuses.

 

Bien sûr, pour sa fille, son unique raison d’espérer une vie meilleure alors qu’elle a accepté d’être sans cesse rabaissée, Lily tente de lutter, de le raisonner. Mais Denis est malade. Malade d’amour - l’amour d’un cerveau malade, finira-t-on par comprendre, qui se veut l’unique centre d’intérêt de celle qu’il a choisie. Une psychologie qui, si elle paraît gérable au début, pousse vite Lily à trouver du soutien ailleurs, auprès de la seule personne qui saura l’écouter patiemment et sans jugement… Une nouvelle raison d’espérer s’en sortir. Mais a-t-elle raison d’espérer…?

 

*****

 

Mon avis :

 

Je ne peux pas réellement comparer « Jamais plus » de Colleen HOOVER avec « Une raison d’espérer » de Maude PERRIER, dans la mesure où les histoires des personnages sont totalement différentes. Pour chaque problématique, il a de toute façon autant d’histoires que de personnes qui les ont vécues. Cependant, je peux affirmer sans aucun doute que j’ai préféré, et de très loin, la manière dont Maude PERRIER aborde et traite le thème de la violence conjugale dans ce roman.

 

Les personnages, et notamment son héroïne, me semblent plus réels, plus sensés. Mais surtout, l’auteure parvient à nous faire entrer dans son univers car elle nous raconte l’histoire de cette femme, Lily ; En créant son personnage, elle ne cherche pas à défendre toutes les femmes battues du jugement de la planète entière, comme je l’avais ressenti dans « Jamais plus ». Et c’est finalement bien plus efficace. Bien plus fort. Bien plus prenant et, au final, ça sonne bien plus juste. En tant que lecteur on se sent proche du personnage, on en prend plein la tête avec Lily - sauf qu’on se dit que nous, c’est pour de faux. 

Et finalement, on la comprend beaucoup mieux puisqu’on s’identifie à elle. L’auteure n’a pas besoin de la défendre, le lecteur est assez grand pour forger son opinion tout seul, revoir son jugement s’il était hâtif, ou continuer de compatir et de se révolter contre ces pratiques de l’ombre qui sont trop courantes.

 

Je n’ai pas l’impression que Maude PERRIER a voulu me donner une leçon. J’ai juste l’impression qu’écrire sur ce problème de société est son moyen d’apporter son soutien à cette cause en attirant notre attention sur le sujet, nous invitant à être à l’écoute, à ne pas se fier aux apparences, à se montrer patients mais présents si l’occasion se présente.

 

Par ailleurs, la romance parallèle ainsi que l’histoire secondaire qui se déroulent avec les autres personnages du roman s’imbriquent parfaitement dans l’histoire principale, alors qu’elle me semblait plus artificielle dans « Jamais plus » (à tel point que je me rappelle avoir fini « Jamais plus » pour connaître l’histoire secondaire, que je trouvais magnifique, plus que la principale).

 

Pour conclure, je remercie une nouvelle fois l’une d’entre vous pour son conseil de lecture, et l’auteure pour son gentil geste ainsi que pour ce moment de lecture. 

Je vous invite à lire ce roman si c’est un thème qui vous tient à coeur. Car malheureusement, comme le rappelle l’auteure : « « Une raison d’espérer » est une romance sur fond de drame. La réalité est souvent tout autre. La romance s’efface pour ne laisser que le drame ».

  

Avez-vous des conseils littéraires concernant ce genre de drame social ?